1. The loss adjuster (Excerpt 1)
2. Don't let him waste your time
3. Black magic
4. Heavy weather
5. I will kill again
6. Baby's coming back to me
7. Fat children
8. From Auschwitz to Ipswich
9. Disney time
10. Tonite
11. Big Julie
12. The loss adjuster (Excerpt 2)
13. Quantum theory
Quarante
ans à peine et déjà vingt-cinq passées
à "faire" le métier. Malgré ses airs
de grand Duduche post-ado ahuri aux lunettes hypertrophiées,
Jarvis Cocker fait certainement partie des pop-stars les plus aguerries
du circuit. Encore que les circuits, on a un moment cru qu’il
ne les fréquenterait plus. Rangé des voitures, pensait-on.
Pas de nouvelles (ou presque) depuis 5 ans et le dernier album de
Pulp, un We love life de
très haute tenue.
Et puis, 2006 a changé tout ça. Hasard du calendrier
ou démangeaison irrépressible, il n’est plus question
que de lui ! D’abord au travers de projets aussi divers que
variés : la compilation de chants marins Rogue's
Gallery, l’écritures de chansons pour 5:55,
l’album de Charlotte Gainsbourg, ou les honneurs du cinéma
avec Running the world que l’on entend à la fin du film
d’Alfonso Cuaron, Les
fils de l’homme…
Ensuite, et surtout, avec la sortie de son premier album solo, simplement
baptisé Jarvis. Et modeste avec ça… Comme cette
pochette où l’on n’aperçoit que sa minuscule
silhouette qui passerait sans doute inaperçue si une bonne
âme n’avait ajouté une énorme flèche
et son prénom pour attirer l’attention de l’acheteur
potentiel.
Qu’il en soit remercié. Malgré ses longues vacances,
son mariage, son enfant et son exil parisien, Jarvis Cocker sait toujours
composer aussi brillamment et chante mieux que jamais.
Si l’on fait abstraction des deux courts intermèdes au
piano pompeusement baptisés The loss adjuster (Excerpt 1 et
2) et du vieux truc du morceau caché (à la fin de l’interminable
plage silencieuse qui suit Quantum theory, se trouve Running the world,
titre évoqué plus haut), Jarvis (l’album) est
un excellent cru. Surtout si l’on s’arrête à
la note finale de Tonite et que l’on laisse de côté
une fin de parcours un peu laborieuse…
Mais avant cela, quel festival ! Ecriture fine, ironique, cruelle
et drôle. Mélodies pop ciselées qui méritent
plusieurs écoutes avant de livrer toute leur saveur. Alternant
rock ambient (Black magic, Heavy weather), pop synthétique
(Fat children), comptines édifiantes (Baby’s coming back
to me) et inquiétantes ballades (I will kill again, From Auschwitz
to Ipswich), il déploie son savoir-faire avec une belle virtuosité.
Au point que l’on ne peut s’empêcher d’entendre,
au fil des titres, le fantôme d’un Pulp reconstitué.
Ce qui n’est qu’à moitié faux puisque les
fidèles Richard Hawley à la guitare et Steve Mackey
à la basse entourent pour l’occasion l’ex-boss
de Sheffield ! Vous avez dit "premier album solo" ?