LLOYD
COLE
Music in a foreign language
(BMG - 2003)
1. Music in a foreign language
2. My other life
3. Late night, early town
4. Cutting out
5. No more love songs
6. Today I'm not so sure
7. My alibi
8. People ain't no good
9. Brazil
10. Shelf life
COMMOTION
CEREBRALE
Lloyd Cole revient en quadra apaisé au talent intact
pour un album subtil et émouvant à écouter
à l’heure de la sieste à l’ombre d’un
été caniculaire
Lloyd Cole, c’est une vieille histoire d’amour…
musicale ! Une histoire née de la découverte,
presque par hasard, d’un best-of (Lloyd Cole and the Commotions
1984-1989) plein jusqu’à la gueule de chansons
plus excitantes les unes que les autres : une pop mélodique,
nerveuse et ciselée portée par une voix de crooner
rock immédiatement reconnaissable. A cette époque,
l’Ecossais (d’adoption) aux faux airs d’Elvis
poupon s’est séparé de ses Commotions après
le succès de leurs trois premiers albums (Rattlesnakes,
Easy pieces et Mainstream) et est parti tenter sa chance en
solo aux Etats-Unis. Restent des titres inoubliables, petites
perles pop-rock à l’écriture raffinée
: Lost week-end, Perfect skin, Brand new friend, Jennifer she
said, etc.
Depuis, d’albums solos (Lloyd Cole, Don't get weird on
me, babe, Bad vibes) en formation d’un nouveau groupe
(les Negatives), les projets honorables se sont succédés,
mais le succès était passé et Lloyd Cole
a du se contenter de vivoter discrètement en attendant
un hypothétique retour de fortune.
Il faut le dire d’emblée, malgré toutes
ses qualités, et Dieu sait s’il n’en manque
pas, Music in a foreign language ne sera pas l’album du
retour en grâce. Pas auprès du grand public, en
tout cas. Trop riche, trop posé, trop élégant,
en un mot trop parfait pour séduire les programmateurs
lobotomisés des chaînes et stations musicales.
Pas de ritournelle pop à deux sous, ni de grosse guitare
qui tâche. Juste les plus belles balades qu’il nous
ait été offert d’entendre depuis bien longtemps,
juste des textes superbes et désabusés, juste
quelques copains autour d’une guitare claire et sobre
et… les années qui ont fait leur travail de maturation.
Alors profitez de l’été pour vous poser
à l’ombre et amorcer une sieste réparatrice,
le discman sur la tête et Music in a foreign language
dans les oreilles. Appréciez à sa juste valeur
le premier morceau qui a donné son titre à l’album.
Dégustez la lenteur classieuse et mélancolique
de My other life, Late night, early town, Today, I’m not
sure ou My alibi. Applaudissez People ain’t no good, la
reprise de Nick Cave. Et assoupissez-vous heureux que notre
quadra s’obstine à distiller son talent au long
d’albums sereins et émouvants.