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Evadé de Blur, le prodigieux guitariste/mélodiste
n'en est que plus étincelant. Bon signe : il sort son sixième
album solo et n'est toujours pas mature... Rock d'ado frustré
et volage aux accents Buzzcocks ou Love, ce Love travels at illegal
speed est encore une réussite pour Graham Coxon.
Cet album rutile d'hymnes fédérateurs comme seul Graham
sait les engendrer, éternel adolescent timide, inénarrable
nerd à lunettes vissées sur le nez... Un Costello
moderne. Mais c'est bien à Buzzcocks qu'on pense instantanément
dès les premières notes du single coup de poing Standing
on my own again ou les non moins forcenées I can't look at
your skin ou Don't let your man know, les francs-tireurs du début.
Même si son précédent album Happiness in magazines
regorgeait déjà de brûlots punk-pop épileptiques
(Freakin' out), il faut admettre qu'ils n'étaient pas aussi
nombreux, ni aussi kick-ass que cette fournée-là.
Autre fait notable, Graham Coxon parle d'amour qui voyage à
fond de train, certes, mais même si c'est bien d'amours et
de romances dont il s'agit, celles-ci sont bafouées, déçues,
amères. L'épique Gimme some love en est un chouette
exemple: "It's a messed up situation / Are you gonna dump this
other guy / Before I die of sexual frustration ?" Graham Coxon
ne le cache pas, il a le cœur brisé comme de la porcelaine
et attend désespérément celle qui saura le
raccommoder. On le sent éploré, pour ne pas dire tristounet...
Mais désireux de ne pas faire contre mauvaise fortune bon
coeur, notre guitariste à lunettes préféré
gratifie l'auditeur de ballades folk-britpop champêtres (Don’t
believe anything I say...) bien ciselées, en apesanteur et
aux réminiscences Love (groupe dont il ne cesse de vanter
les mérites en interview). Après réflexion,
on conclut qu'il détient l'un des secrets les plus fascinants
du moment : passer sans ciller de douceurs languides et suaves à
des embrasements punk ultra simplistes, bêtes et méchants,
le tout agrémentés de mélodies toujours plus
renversantes et irrésistibles les unes que les autres!
Mystère et boule de gomme... Graham continue son bonhomme
de chemin sans tiquer ni même se retourner et tape miraculeusement
juste. La britpop est morte, Blur et Oasis tentent de vaines reconversions
mais Graham lui, fait de la pop comme on n'en fait plus, tout seul
comme un grand et devrait bientôt, en toute logique, tutoyer
les cimes. Enfin, c'est tout le mal qu'on lui souhaite...
Gabriel Péreira
© Jowebzine.com - Avril 2006
Sites Internet :
- www.grahamcoxon.co.uk
- www.grahamcoxonart.com
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