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     MuSiQueS
 
GRAHAM COXON
Love travels at illegal speed
(Capitol Records - 2006)

1. Standing on my own again
2. I can't look at your skin
3. Don't let your man know
4. Just a state of mind
5. You & I
6. Gimme some love
7. I don't wanna go out
8. Don't believe anything I say
9. Tell it like it is
10. Flights to the sea (lovely rain)
11. What's he got ?
12. You always let me down
13. See a better day

Evadé de Blur, le prodigieux guitariste/mélodiste n'en est que plus étincelant. Bon signe : il sort son sixième album solo et n'est toujours pas mature... Rock d'ado frustré et volage aux accents Buzzcocks ou Love, ce Love travels at illegal speed est encore une réussite pour Graham Coxon.


Cet album rutile d'hymnes fédérateurs comme seul Graham sait les engendrer, éternel adolescent timide, inénarrable nerd à lunettes vissées sur le nez... Un Costello moderne. Mais c'est bien à Buzzcocks qu'on pense instantanément dès les premières notes du single coup de poing Standing on my own again ou les non moins forcenées I can't look at your skin ou Don't let your man know, les francs-tireurs du début. Même si son précédent album Happiness in magazines regorgeait déjà de brûlots punk-pop épileptiques (Freakin' out), il faut admettre qu'ils n'étaient pas aussi nombreux, ni aussi kick-ass que cette fournée-là.

Autre fait notable, Graham Coxon parle d'amour qui voyage à fond de train, certes, mais même si c'est bien d'amours et de romances dont il s'agit, celles-ci sont bafouées, déçues, amères. L'épique Gimme some love en est un chouette exemple: "It's a messed up situation / Are you gonna dump this other guy / Before I die of sexual frustration ?" Graham Coxon ne le cache pas, il a le cœur brisé comme de la porcelaine et attend désespérément celle qui saura le raccommoder. On le sent éploré, pour ne pas dire tristounet...

Mais désireux de ne pas faire contre mauvaise fortune bon coeur, notre guitariste à lunettes préféré gratifie l'auditeur de ballades folk-britpop champêtres (Don’t believe anything I say...) bien ciselées, en apesanteur et aux réminiscences Love (groupe dont il ne cesse de vanter les mérites en interview). Après réflexion, on conclut qu'il détient l'un des secrets les plus fascinants du moment : passer sans ciller de douceurs languides et suaves à des embrasements punk ultra simplistes, bêtes et méchants, le tout agrémentés de mélodies toujours plus renversantes et irrésistibles les unes que les autres!

Mystère et boule de gomme... Graham continue son bonhomme de chemin sans tiquer ni même se retourner et tape miraculeusement juste. La britpop est morte, Blur et Oasis tentent de vaines reconversions mais Graham lui, fait de la pop comme on n'en fait plus, tout seul comme un grand et devrait bientôt, en toute logique, tutoyer les cimes. Enfin, c'est tout le mal qu'on lui souhaite...


Gabriel Péreira
© Jowebzine.com - Avril 2006



Sites Internet :
- www.grahamcoxon.co.uk
- www.grahamcoxonart.com

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