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     MuSiQueS
 
THE DECEMBERISTS
The crane wife
(Rough Trade - 2006)

1. Crane wife, Pt. 3
2. Island : come and see/The landlord's daughter/You'll not feel the...
3. Yankee bayonet
(I will be home then)
4. O Valencia !
5. Perfect crime No. 2
6. When the war came
7. Shankill butchers
8. Summersong
9. Crane wife, Pts. 1 & 2
10. Sons & daughters
On a cru qu’il ne viendrait pas cette année. Peut-être trop frileux ou simplement timide. Le petit a finalement trouvé le chemin de nos esgourdes. Et si l’année dernière il s’est personnifié sous le nom d’Illinois, il se pourrait qu’il se soit transformé ses jours-ci sous le nom de The crane wife. J’en vois déjà, derrière leur ordinateur, se demandant ce que peut bien vouloir dire ce charabia incompréhensible. Et bien en un mot comme en mille, The Decemberists et ce Crane wife pourraient bien avoir décroché le titre 2006 de l’album pop de l’année.

Certains observateurs de la chose indie avaient bien décelé sur Picaresque quelques signes avant-coureurs, mais avec The crane wife le groupe Américain a enfin réussi le sans faute immédiat. Pas besoin d’interminables écoutes pour se rendre compte de l’évidence. Et si beaucoup regrettent les premiers travaux des Belles And Sebastian ou autre Divine Comedy, The Decemberists réussit l’exploit de combler le vide et de redonner un coup de fraîcheur à une certaine idée de la pop. Une pop classieuse, fine, à deux doigts du pompeux, mais retombant fièrement sur ses pattes sans se sacrifier à la mode de l’esbroufe. Ce qui tombe plutôt bien à l’heure où le groupe signe pour la première fois chez une major.

Ne se refusant pas quelques incartades folk, le groupe cultive l’art précieux de la mélodie tout en multipliant quelques fulgurances ambitieuses avec envolées et tout l’attirail qui va avec. En témoigne notamment The Island, qui, avec ses 12 minutes nous renvoie 30 ans en arrière quand le rock progressif sévissait encore. Toute la panoplie est ici présente : intro de deux minutes, envolée épique et même solo de clavier. Du prog on passe ensuite à de la pop plus classique, ce genre de petites sucreries entêtantes et parfois même funky pouvant faire craquer les plus récalcitrants.

Le second morceau de plus de dix minutes (The crane wife 1 & 2) s’éloigne par contre de l’hommage aux vertes 70’s pour condenser ce que peut faire de mieux The Decemberists. Le thème est magnifique et amalgame parfaitement tous les styles que peut aborder le groupe. Cette petite merveille, assez proche de l’univers de Sufjan Stevens, est ensuite enchaînée par Sons and daughter. Ce folk, évoquant fortement l’Irlande ou une certaine idée qu’on peut se faire du pays, a un pouvoir d’attraction inouï. Après avoir égrené un refrain diablement entêtant, Colin Meloy est suivi par banjo, accordéon, et collègues choristes reprenant le refrain en canon. Irrésistible.


Julien Goarnisson
© Jowebzine.com - Décembre 2006



Sites
- www.decemberists.com
- www.myspace.com/thedecemberists
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