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Cher Vincent,
Je pense pouvoir à présent me permettre quelque familiarité
avec vous, tant nos chemins ont eu tendance à se croiser
systématiquement ces derniers temps, en des lieux aussi divers
qu’improbables. C’est bien simple : à chaque
fois que je sors avec mon pote (concert, rue, arrière salle
de bar du 11e…) on tombe sur vous. Et on se dit trois mots.
A tel point qu’on a maintenant ce sympathique petit clin d’œil
qui nous lie. Je dis bien sympathique, car vous êtes un vrai
type sympa ; ce qui m’a dans un premier temps étonné,
tant je vous imaginais ampoulé comme dans vos chansons d’avant,
quand je faisais partie des nombreux anti-bobos horripilés
par votre fond et votre forme.
Et puis, donc, cette piqûre de rappel qui vient de tomber
dans mes oreilles redevenues bienveillantes à votre égard
; à cause de ce qui précède, d’une part
mais aussi à cause du merveilleux partenaire dont vous avez
choisi de vous entourer : le magicien Peter
von Poehl !
Ainsi, cher Vincent, apparaissez vous désormais à
mes yeux comme un homme de goût, attentif à ce qui
se passe d’important dans la pop hexagonale (même si
Peter est germano-suédois, c’est en France qu’il
a tissé pour le moment sa toile) et soucieux d’échapper
à la facilité d’un 3e album au succès
de toute façon joué d’avance. Bravo pour tout
ça et félicitations pour le résultat.
Une page se tourne, vous relevez la tête vers des éthers
moins futiles, des effets moins faciles, des textes plus profonds,
plus poétiques. Regain de simplicité qui apporte plus
de sincérité à l’ensemble. Mais surtout,
Vincent : vous chantez, maintenant ! Et j’en suis fort aise
! Est-ce Peter qui vous a poussé dans la bonne voix ? Peter
von Poehl, dont la patte, fine et aérée, omniprésente
(arrangements gentiment pop forgés en Suède chez Christoffer
Lundquist, comme pour l’excellent dernier album de Lio)
donne ce cachet formidable à un ensemble sensible (Ambroise
Paré, 29 avril au 28 mai), amoureux - eh-eh ! serait-elle
là la vraie raison de la transformation ? - (Sous les avalanches,
Marine…), nostalgique (A Naples, Déjà toi…)
avec un peu de caustique dedans (Sépia plein les doigts qui
sent le Miossec et Il fait si beau au parfum de Trénet…).
Pourtant, Vincent, ne m’en veuillez pas si je finis sur quelques
points d’interrogation qui me turlupinent :
- Pourquoi terminer votre album sur cette douche froide, retour
(gagnant ?) aux travers agaçants d’antan (name-dropping
autour des jambes de Steffi Graf, Merlene Ottey, Sabatini) ?
- Et puis ça : www.dailymotion.com/video/xey34,
à quoi ça rime ?
Et ça : www.dailymotion.com/video/xey7c
?
Et ceci : www.dailymotion.com/video/xey4j
?
Et cela : www.dailymotion.com/video/xey1h
?
Et là : www.dailymotion.com/video/xeycy,
à quoi vous jouez ?
Et là encore : www.dailymotion.com/video/xeybi
?
Vous me direz tout ça bientôt ? Mon pote et moi, on
a quelques sorties de prévues dans les semaines qui viennent…
Bien amicalement à vous.
Roland Caduf
© Jowebzine.com - Octobre 2006
PS : et si vous pouviez vous décider à me renvoyer
l’interview que je vous ai remise l’autre fois…
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