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     MuSiQueS
 
BAXTER DURY
Len Parrot’s memorial lift
(Rough trade - 2002)

1 - Beneath the underdog
2 - Oscar brown
3 - Lucifer's grain
4 - Fungus hedge
5 - Auntie Jane
6 - Gingham smalls 2
7 - Bachelor
8 - Len parrot's memorial lift
9 - Boneyard dogs
La question rituelle est : peut-on avoir du talent lorsque l’on est le fils (la fille) de son père ? Après Lennon, Marley, Djorkaeff, Villeneuve et quelques autres, voici venu le tour de Dury. Dury père, Ian, tout le monde connaît. Mais si, rappelez-vous : "Sex and drug and rock’n’roll", c’est lui ! (et encore, là je ne peux pas vous le faire avec la musique !). Bref, avec une telle paternité, prendre le chemin des studios est une véritable gageure.

Et bien, disons-le tout net, dans le cas de Baxter Dury la réponse à la question initiale ("Peut-on avoir du talent…") est : oui. En 9 chansons superbes, Baxter fait passer ses auditeurs par tous les sentiments.

La surprise, d’abord, de découvrir cette voix fragile, mal assurée, un peu haute et souvent fausse (Gingham smalls 2). Oui, vous avez bien lu : malgré tous les artifices de studio, Baxter Dury chante indubitablement faux.

Sauf que le deuxième sentiment arrive aussitôt et qu’il se nomme envoûtement. En laissant la part belle sur ses chansons à la merveilleuse Johanna Hussey, le malin Baxter réussi un petit miracle : le mariage de deux voix tellement dissemblables mais tellement complémentaires qu’elles nous entraînent irrésistiblement… ailleurs, dans une sorte de rêve doucement psychédélique dont on n’a pas envie de revenir.

Et aussitôt un troisième sentiment nous étreint, celui d’avoir mis la main sur un compositeur hors pair. En 9 balades impeccables, le fils Dury prouve que s’il chante faux, il écrit et compose diablement juste ! Il n’est que d ‘écouter Lucifer’s grain, Len Parrot’s memorial lift ou Boneyard dogs pour s’en convaincre.

C’est enfin un sentiment de gratitude que l’on ne peut s’empêcher d’exprimer à l’écoute de cet album qui a su se préserver de ces arrangements somptuaires, de ces nappes de cordes et de synthés dont certains abusent ces temps-ci. Sobriété (efficace) semble être le maître mot de Baxter Dury : un piano ici, une guitare là, rien d’ostentatoire, juste du beau et du bon goût.

Il serait dommage de passer à côté de ce petit CD pas frimeur mais diablement troublant. Ne serait-ce que pour son piano final : absolument ir-ré-sis-ti-ble !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2002
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