PARADE
ECLECTIQUE
Un an et demi après le somptueux Holes in the wall, les
frères White reviennent avec un album de surdoué
qui laisse un goût d'inachevé. Décevant.
Depuis l'éblouissant Holes in the wall l'année
dernière, on attendait avec impatience la suite des
aventures des frères White (aucun lien de parenté
avec Meg et Jack, ni avec Franck Black, d'ailleurs). Or donc,
comme leur nom l'indique, ces aventures sont américaines…
et brèves ! En 9 titres et 36 minutes, l'affaire est
bouclée… pour le plus grand trouble du chroniqueur
avisé.
Mais l'essentiel n'est pas là. Ce qui est plus important
ici, c'est l'évolution notable de ce groupe en l'espace
d'une grosse année. D'une pop légère
et surdouée, le quatuor de Brighton est passé
à quelque chose de plus touffu. Toujours aussi virtuose,
mais d'un abord moins immédiat, et surtout très
inégal. Manifestement, Alex et Tom White, les têtes
pensantes du groupe, ont voulu aller voir ailleurs si l'herbe
était plus verte. Ils ont pioché ici et là
sans distinction (discernement ?) et reviennent avec un court
album dans lequel tout ça cohabite sans façon,
pour le meilleur et pour le pire.
Le ton est d'ailleurs donné d'entrée avec Things
I've done before qui, le cul entre deux chaises, ne sait pas
choisir entre la puissance brutale des couplets et la sophistication
du refrain. Mais Bruxellisation vient vite mettre de l'ordre
dans la maison Electric Soft Parade avec ses superbes guirlandes
de guitares légères et pétillantes.
Dans le genre irrésistible, ils atteignent même
des sommets grâce au sublimement pop Lose yr frown,
tout en mélodie habile et paroles primesautières…
qu'ils ne peuvent pourtant pas s'empêcher de conclure
au gros riff qui tâche !
Et si le calme, voire l'ennui avec Chaos, arrive en deuxième
partie d'album, c'est en explorant toujours les genres musicaux
les plus hétéroclites. Parmi lesquels un Headachville,
aux relents de new-wave bodybuildée aux effets électroniques
80's, qui n'est pas le moins surprenant.
Allez, une dernière (très belle) ballade pour
finir, Existing, et, puisque tout le monde s'est endormi,
nos petits génies en herbe peuvent se retirer sur la
pointe des pieds en prenant grand soin de ne pas nous réveiller
en claquant la porte…
Faites quand même gaffe, les gars, que l'on ne dorme
pas encore au moment où vous sortirez votre nouvel
album !
Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Novembre 2003
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