HOMMAGE
À JOHN ENTWISTLE 9 octobre 1945 - 27 juin 2002
La
grande faucheuse du Rock s'est encore mise en évidence jeudi
dernier en dévalant dans la vallée du Nevada, à
Vegas très exactement. Après avoir longtemps sévi
dans la catégorie "batteurs" (Keith Moon, John Bonham,
et plus récemment Cozy "the hammer" Powell), voilà
qu'elle décide soudain de porter son dévolu, non plus
sur les manieurs de baguettes, mais sur les dompteurs de 4 cordes.
Non repue il y a quelques jours par l'âme pneumonique du très
regretté James Dewar (Robin Trower Band, Stones the Crows ),
voilà qu'elle décide de s'en prendre à présent
à un véritable "roc" de la musique populaire
de ces quarante dernières années. Que dis-je "roc",
"The Rock" devrais-je rectifier, un de ses nombreux surnoms,
dont l'avaient affublé ses collègues de travail.
The "Quiet one", dans un dernier pied de nez, que ne goûteront
vraisemblablement pas ses acolytes a donc décidé de
ranger à tout jamais ses vrombissements et descentes de manches
si caractéristiques. À la veille d'une méga tournée
américaine, qui devait marquer le grand retour des Who sur
la scène musicale internationale, John Entwistle a en effet
choisi de tirer sa révérence ce 27 juin à l'âge
de 57 ans et de rejoindre son trublion de copain Keith le clown.
Multi-instrumentiste accompli ayant fait tout d'abord ses gammes au
piano puis à la trompette et ayant également tâté
du cor de chasse, John opte pour la basse en 1960. Au sein des Détours,
combo dans lequel officie Roger Daltrey, il souffle à celui-ci
d'embaucher un certain Pete Townshend. Quelques mois plus tard, avec
l'arrivée rocambolesque d'un certain Keith Moon vêtu
de rouge de la tête aux pieds, le groupe se mue en High numbers
puis opte finalement pour le célèbre patronyme des Who.
Je vous épargnerai maintenant les sinuosités et frasques
d'une carrière époustouflante qui mènera le petit
"beat band" londonien de 1965 au statut de Dinosaure interplanétaire
de la fin des Seventies Celle-ci est bien documentée
et appartient désormais à l'histoire de la musique populaire.
Alors que garder de John, au-delà du son talent musical indéniable
et unanimement reconnu ? Tout d'abord une anecdote en forme d'hommage
de Pete Townshend qui répondant à un journaliste lui
demandant les raisons pour lesquelles il ne prenait pas souvent de
solo de guitare lui répondit qu'il y avait déjà
un soliste dans le groupe (comprenez John) et que cela suffisait amplement.
Enfin, une scène, tirée du film The kids are alright,
me revient en mémoire : John dans son manoir, détachant
soigneusement des murs plusieurs disques d'or pour ensuite s'adonner
à une séance de Ball-trap extravagante et totalement
décalée. Il y avait décidément du Monty
Python chez cet esthète du Rock.
Alors plutôt que de s'interroger sur l'identité du prochain
candidat au grand départ (Who's next ?), (ré)écoutez-vous
un petit Live at Leeds ou Tommy. Quelque part, "The Ox"
a un il sur vous.