SCOTT
FINCH & GYPSY
The velvet groove
(Horizons - 2001)
Le
power-trio Blues est la discipline reine du rock par excellence. Celle
qui ne saccommode daucun à peu-près ou fioriture.
Léquivalent en quelque sorte du 100 m plat en Athlétisme.
Celle qui ne consacre que les géants à linstar
de lExperience de James Marshall Hendrix, de Cream ou plus près
de nous du Double Trouble du regretté Steve Ray Vaughan.
Les "laissés pour compte" et autres oubliés
du grand cirque sont en revanche légion. Où sont en
effet passés les ZZ Top (je parle ici des vrais, ceux à
la barbe certes un peu plus courte mais aux concerts tellement plus
longs !), le Mahogany Rush de Frank Marino, lElectric sun du
"venimeux" Ulrich Roth ou plus récemment les Big
F, Burning Tree et autre Blue Murder ?
Aujourdhui, seuls quelques courageux relèvent le défi,
à linstar de GovT Mule ou Tea Party, et demandent
un dossard. Scott Finch est également de leur trempe. The Velvet
Groove, son second album en moins de 12 mois, est indiscutablement
la preuve par 18 (morceaux) que lon peut rester fidèle
aux pionniers (cf. les reprises échevelées du Red House
et de 3rd stone from the sun dHendrix) tout en enrichissant
et dépassant la palette sonore qui sied au blues-rock original.
Les contours sont moins arrêtés et facilement définissables.
Une touche dAllman Brothers par-ci, une voix aux intonations
Pavlovs dogienne par là, ou bien encore un feeling matiné
jazz-rock à la Eric Johnson, Eric Finch alterne les contrastes
et les ambiances (tour à tour groovy, jazzy, heavy... et bluesy)
ce qui rend sa galette autrement plus attractive que les dernières
productions des puristes que sont Clapton, Green et autres John Mayall.
Un packaging luxueux en forme de clin doeil (tout en velours
comme le coffret du Voodoo Child paru lannée dernière),
achèvera de vous convaincre que vous tenez sans doute là
un des must de ce début dannée.
Mon avis est que Scott Finch & Gypsy ne seront pas loin du podium
2002.