1. Whales watching
2. Beatnik
3. The void
4. Bathed in moonlight
En
France, il n’y a pas que Paris. Il y aussi Lyon, en pleine effervescence
pop/rock/indé, et dont la figure de proue pourrait bien s’appeler
Benjamin Fincher. Etincelant.
EP inaugural pour ce groupe lyonnais formé il y a quelques
années, et dont l’énigmatique biographie a dû
être rédigée par Lewis Carroll… Enfin, quel
disque ! Quatre chansons magiciennes, sombrement lumineuses, dont
on ne se lasse pas. Quatre voyages intergalactiques invoquant les
fantômes de Radiohead, de Sparklehorse ou de Troy Von Balthazar.
Quatre splendeurs. Rien de moins.
Whales watching ouvre le bal, sur un thème lunaire et, de suite,
on sent que ce groupe va tutoyer les cimes… Le chant est comme
suspendu au milieu des étoiles, tentant de se raccrocher à
tout, à rien, balbutiant et psalmodiant.
Derrière, c’est un champ de bataille d’où
sourdent encore ici et là quelques saillies de guitares. Mais,
la plupart du temps, tout est calme et orchestré dans l’œil
du cyclone. Mené par une valse incessante de guitares folk,
de synthés glacés et de cordes bouleversantes.
On salue d’ailleurs les arrangements, proprement hallucinants,
ainsi que la vibrante production de l’épatant Scalde.
Plus loin, on tremble sur The void, dont l’arpège n’a
de cesse d’évoquer Johnny Marr. Et que dire de Bathed
in moonlight (déjà, ce titre !), comment résister
à telle épitaphe, tout en élégance dévastée
?
Les Benjamin Fincher n’ont plus qu’à sortir un
LP du même calibre, et le paysage "pop ligne claire"
français se prendra une grosse claque stéréophonique,
tant ce qui se trame dans cet écrin est maîtrisé
et incarné de bout en bout. Majestueux.