LES
FOUTEURS DE JOIE
Le bal des souffleurs
(Idyll - 2005)
1. Sophistiquée
2. Les rues de Munich
3. La java des gentils
4. Le bal des souffleurs
5. Infiniment poétique
6. Le cœur au bord des lèvres
7. En mer
8. Les bombardiers
9. Ah ! Reste sobre
10. Histoire d’amour
11. Chez Simone
12. La chanson des mariés
13. Valse des flots
C’est
du côté des VRP qu’il faut regarder si l’on
veut avoir une idée plus précise du talent des
Fouteurs de Joie : fantaisie, cruauté, humour, tendresse…
Tout y est !
Avec un nom pareil, on pouvait craindre le pire. Surtout avec
une pochette comme ça, très ambiance de bar rétro
années 40. On se voyait déjà avec, dans
les oreilles, la énième resucée de groupe
néo-réaliste des familles, ni bien ni mal mais
finalement et objectivement pénible à la longue.
Disons que ces dernières années, la veine en question
a été tellement surexploitée par tous les
bouts, avec plus ou moins de (petit) bonheur, qu’on peut
parler d’overdose. Et pourtant, ça a avait commencé
très (trop ?) fort ce mouvement là, avec les Négresses
Vertes, Les Pires, La Marmaille Nue… Bref, l’époque
des formations néo-réalistes à la française
devrait à mon sens envisager un petit séjour au
placard, dans une housse, avec des boules de paradichlorobenzène
(alias naphtaline) tout autour. Paradichlorobenzène,
tiens, ça serait pas mal comme nom pour un groupe punk.
Ou néo-réaliste…
Nos Fouteurs de Joie, eux, avec leurs accordéons, leurs
guitares, leur contrebasse, leur allure et leur nom de groupe
néo-réaliste, seraient plutôt à classer
du côté iconoclaste, sauce VRP,
Nonnes Troppo, Frères Jacques et consorts. Second degré,
air de pas y toucher, textes au cordeau, jeux de mots, musiques
inventives, interprétations pince-sans-rire… Un
vrai groupe de scène, composé de vrais musiciens
qui, depuis l’été 97, écume les bars
et les petits festivals de la France entière pour s’y
produire.
Leur premier album studio est une sacrée réussite.
On y déguste la fantaisie à tous les coins de
vers, avec celui qui va au zoo de Vincennes pour voir…
les pigeons, ces mariés ridicules, ces bombardiers brimés
déprimés faute d’exercice, ces rues de Munich
pleines de spectres désarticulés, ce bal des souffleurs
plein de sueur et de gros culs qui remuent… Cruauté,
humanité, causticité, tendresse, humour, intelligence,
poésie et une jolie chanson de marin au milieu. Oui,
vraiment, il y a du VRP dans ces fouteurs de joie là
! Et ce n’est pas un petit compliment, pour moi !