1. Motorboat
2. 25 hours a day
3. Big bad cadillac
4. Man without a country
5. California summertime
6. Hollywood nights
7. Born to make you cry
8. Thunder road
9. Summertime frog
10. Love bomb
11. Living in the streets
12. Sexe dope and violence
PERVERS
PEPERE
Touche à tout de génie à la libido débridée,
voici Kim Fowley, inventeur et incarnation de cet esprit rock’n’roll
fait de provocation et de bruit magique.
Sur la route de ses 65 ans, un géant aux allures de Frankenstein
crie, à qui veut l’entendre, qu’il s’est
tapé 5 000 femelles en 53 ans d’activité
sexuelle - aidé en cela par un organe qu’il décrit
comme hors du commun - , qu’il a eu connaissance d’au
moins 15 procréations sur le lot - dont il n’a
reconnu aucune - et qu’il appréhende les trois
fonctions principales ("chier, baiser, créer")
comme une seule et même fonction.
A côté de ça, son œuvre a une taille
démesurée elle aussi, partant dans tous les sens,
sans aucun souci de cohérence ni de perspective commerciale.
Compositeur, interprète, producteur, arrangeur, musicien,
chorégraphe, poète, manager... Un seul but, un
seul fil conducteur à tout ça : créer du
bruit magique. Avec la frénésie anarchique, instinctive
et animale d’un fou visionnaire habité par le rock’n’roll,
avant tout le monde, avant l’heure du glam, du punk et
de toutes les extravagances qui rencontreront successivement
le succès au long de ces quarante dernières années.
Toujours un train d’avance pour celui qui se contentera
de mettre en selle nombre de talents avant de se retirer aux
prémices de leur envol. Toujours cette exaltation violente
qui le pousse à butiner de projet en projet, comme de
femme en femme, à la manière d’un bourdon
au dard surdimensionné.
Ce monstrueux appétit l’amènera à
enregistrer pour son propre compte un nombre incalculable de
disques entre 1960 et aujourd’hui (de l’ordre de
la cinquantaine !), avec une pause de quelques années
passées en prison après qu’il ait tué
l’agresseur d’un de ses musiciens d’un coup
de baguette (de batterie) en plein cœur ! Un destin de
folie, je vous ai dit...
Mais aussi à un phénoménal paquet de collaborations
avec des artistes aussi différents que Gene Vincent,
Johnny Winter, Cat Stevens, Phil Spector, Warren Zevon, John
Lennon et le Plastic Ono Band, Franck Zappa, Kiss, Alice Cooper,
les Byrds, les Modern Lovers, Mötley Crüe, Soft Machine,
Van Halen, les Runaways...
Mais il a bien quelque chose en plus, notre priape ambulant,
pour être aussi sollicité de toute part ? Oui-oui,
le nez. Il a l’instinct inné du chasseur de talents,
démultiplié par une passion et une liberté
sans freins. Kim Fowley s’amuse avant tout : il s’amuse
du monde, il s’amuse des gens et fait de l’iconoclastie,
de la provocation, du brouillage de pistes et du culte de la
personnalité (son label porte quand même le nom
de Living Legend !) des arts majeurs au royaume du rock’n’roll.
Et sinon, musicalement parlant, qu’est ce que ça
donne ? Nos amis de chez Microbe ont œuvré pour
retrouver et ressortir dans de belles conditions (avec notamment
une très longue interview - datant de 1977 - de notre
très bavard spécimen et un petit laïus original
titre par titre qu’il a rédigé pour l’occasion)
cette compilation de 45 tours composés entre 1967 et
1974. Douze morceaux ayant pour seul lien le rock’n’roll
pur et dur dont notre bouc en chaleur s’est fait l’apôtre.
Diverses, courtes et bien envoyées, ces chansons sont
une porte d’entrée idéale dans l’univers
d’un artiste dont on constate qu’il avait fait du
Pop bien avant Iggy, du Reed bien avant Lou et de l’underground
bien avant le Velvet. Le tout d’instinct, sans calcul
et en ne laissant finalement qu’une trop petite trace
au rock’n’roll circus. Alors, allez-y : la complétude
de votre culture musicale passe par un trempage d’oreille
dans ce concentré de Kim Fowley. Mais attention tout
de même : Satan l’habite !