1. 5:55
2. AF607105
3. The operation
4. Tel que tu es
5. The songs that we sing
6. Beauty mark
7. Little monsters
8. Jamais
9. Night-time intermission
10. Everything I cannot see
11. Morning song
Album
agréable mais sans génie ni aspérité,
5:55 est idéal à écouter lors d’un dimanche
pluvieux et engourdi.
Charlotte Gainsbourg a fait appel à une fine équipe,
Nigel Godrich (producteur de Radiohead et du dernier Mc Cartney) a
produit l’ensemble, Nicolas Godin et Jean-Benoit Dunckel du
groupe Air ont écrit les musiques et Jarvis Cocker ainsi que
Neil Hannon se sont relayés pour écrire les textes.
Bon sang ne saurait mentir. La fille de Serge Gainsbourg et de Jane
Birkin a demandé au caviar de la musique pop de lui concocter
un album qui lui ressemble. Un album assez triste et inquiet dans
le fond, un album qui côtoie les fantômes et interroge
l’aube de petits matins.
Pour la forme, les musiciens du groupe Air ont brodé des mélodies
dans lesquelles il est difficile de ne pas trouver des résonances
du grand Serge, entre Melody Nelson et la dernière époque
américaine. C’est une musique agréable. Elle permet
d’écouter plusieurs fois l’album sans ressentir
de lassitude.
Cependant, on ne ressent pas non plus d’exaltation. On ne peut
se défaire de l’impression que l’équipe
soudée autour de Charlotte a essayé de faire pour le
mieux, mais qu’ils n’ont pas tenté de se dépasser,
de se sublimer.
Charlotte Gainsbourg a un charme incroyable, la beauté des
timides et un sourire à fendre les montagnes. On eut préféré
que son album soit écrit par Nick Cave ou Dyonisos, bref qu’on
y trouve plus de folie, plus de profondeur, voire plus de noirceur.
On eut préféré que 5:55 ressemble à un
paysage de montagne, qu’il nous foute le vertige plutôt
qu’il ressemble à un lac vaguement parcouru de vagues
étales.
D’autant que Everything I cannot see, l’avant-dernière
chanson, fonctionne sur un tempo plus élevé et montre
les possibilités offertes par la voix de Charlotte. Flotte
alors un parfum de Cat Power. On entrevoit des pistes, des ébauches.
Sur Beauty mark, la voix de la chanteuse est proche de Suzanne Vega,
dernière manière.
L’album profite d’un tel tintamarre médiatique,
d'un tel gavage de notre temps de cerveau disponible qu’il ne
bénéficie pas de toute notre indulgence. Néanmoins,
toutes les hurleuses du grand nord Québécois (les Céline,
les Lara, les Boulay) ne valent pas le filet de voix de l’héritière
de la maison Gainsbourg. Question de goût.