1 - Shot shot
2 - Rex Kramer
3 - Detroit swing 66
4 - In our gun
5 - Even song
6 - Ruff stuff
7 - Sound of sounds
8 - Army dub
9 - Miles end
10 - Ping one down
11 - 1 000 times
12 - Drench
13 - Ballad of nice & easy
Linconvénient
de présenter des nouveautés musicales "indé"
chaque semaine cest que lon rencontre régulièrement
dillustres inconnus qui sortent à la fois de nulle part
et leur premier album. Résultat : pas de passé (souvent
pas davenir non plus dailleurs), pas de bio, pas dinfo
et ses seules oreilles pour se faire une opinion et la faire partager
aux lecteurs du Jo WebZine. Normal, me direz-vous : un critique
digne de ce nom doit savoir écouter, décortiquer, analyser
et restituer au plus grand nombre le résultat de cette complexe
opération intellectuelle.
Alors, quand se présente lopportunité de parler
d'un groupe reconnu qui sort son 3e album, le chroniqueur stressé
se dit : "Chouette, un groupe qui a une histoire, un passé,
deux albums derrière lui, des concerts je vais pouvoir
présenter à mes lecteurs fidèles une bio digne
de ce nom !". Autant vous le dire tout de suite, avec Gomez tout
ça nest que pure illusion. Rien, rien, rien, vous ne
saurez rien sur Gomez ! Rien ou presque. Rien sur les pochettes des
3 albums à leur actif et pas grand-chose sur Internet malgré
de longues et fastidieuses recherches. Je men vais dailleurs
vous livrer ce presque rien en quelques mots : Gomez est un groupe
de cinq musiciens (et pas un individu), Gomez est Anglais (et pas
américain comme ses évidentes racines blues pourraient
le laisser penser), Gomez est de Liverpool (et cest bien son
droit !). Jespère que ça vous suffit parce que
je nai rien de plus
Faute de bio, tournons-nous donc vers lessentiel : le son. Je
ne vous surprendrais pas en vous disant quen plus dêtre
mystérieux, Gomez est inclassable. En interprétant à
sa manière (moderne) le genre fondateur du rock quon
aime, Gomez met en uvre une entreprise de séduction diablement
efficace. Sans jamais tomber dans la facilité ronronnante que
ce genre peut quelquefois encourager, Gomez aligne les chansons originales,
à la fois dignes et terriblement personnelles.
Bon prince (et empêché de pouvoir vous faire entendre
quelques extraits choisis), cest au jeu des filiations que nous
allons recourir pour donner à imaginer la musique de Gomez.
Prenez une sorte de Tom Waits à jeun et plus jeune dune
bonne trentaine dannée, soucieux de compositions intelligibles,
articulées et mélodieuses (la culture pop est passée
par là). Ajoutez une bonne dose de curiosité et douverture
au monde (musical) qui les entoure (Beck, Gorillaz ). Et vous
obtenez un album remarquable de bout en bout, alternant les mid-tempos
efficaces, les arrangements electro (Even song) et les ballades touchantes
(In our gun). Toutes les palettes dune pop-blues revisitée
mais jamais galvaudée, jamais facile, toujours riche et créative.
A découvrir en même temps que Bring it on, le premier
album de Gomez paru en 1998.