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     MuSiQueS
 
GORILLAZ
Demon days
(Capitol Records - 2005)

1. Intro
2. Last living souls
3. Kids with guns
4. O gren world
5. Dirty Harry
6. Feel good inc.
7. El manana
8. Every planet we reach is dead
9. November has come
10. All alone
11. White light
12. Dare
13. Fire coming out of the monkey's head
14. Don't get lost in heaven
15. Demon days
Gare au Gorillaz 2005 : il est plus fort, plus ambitieux et plus intelligent. La seule question qui se pose désormais est de savoir jusqu'où ira Damon Albarn dans son éblouissante production.


Les hasards du calendrier ont parfois cette ironie cruelle qui nous ferait (presque) croire que quelqu’un, là-haut, tire les ficelles et a décidé de donner une leçon à ces deux grandes gueules de frères Gallagher. Dix ans après que la guéguerre Blur vs. Oasis ait enflammé le microcosme rock, les mancuniens sortent un nouvel album (certes honorable) au moment précis où Damon Albarn balance son troisième chef d’œuvre consécutif, après le premier Gorillaz en 2001 et le dernier Blur (Think tank) il y a deux ans. Autant dire que si la fin du siècle dernier a été à l’avantage d’Oasis, le vent du XXIe siècle a largement tourné en faveur des outsiders d’hier.

Inutile de revenir ici sur le phénomène Gorillaz. Il aurait fallu être sourd et aveugle pour passer, à l'époque, à côté du carto(o)n plein réalisé par les quatre personnages de manga post-punk incarnant l’énigmatique combo né des cerveaux surchauffés de Dan "The Automator" Nakamura (producteur), Jamie Hewlett (dessinateur) et Damon Albarn (compositeur). A la clé, un succès critique et public faramineux et un Clint Eastwood qui squatte encore nos "best of de tous les temps".

Quatre ans ont passé et le massif Russel, la craquante Noodle, le lutin 2D et l’inquiétant Murdoc sont de retour, encore meilleurs que lorsqu’on les avait quittés à regret. Et gonflés à bloc par-dessus le marché, n’hésitant pas à bazarder le bon vieux Clint de 2001, pour un Dirty Harry dans la force de l’âge et autrement sanguin ! Ou encore à réinterpréter sans complexe la pochette du Let it be des Beatles ! Et le reste à l’avenant.

Là où Gorillaz (l’album) surprenait tout le monde par l’originalité radicale de son projet, Demon (Damon ?) days pousse son avantage plus loin encore en laissant de côté toute facilité musicale. Il y a donc fort à parier que le millésime 2005 ne soit pas à la hauteur commerciale des six millions d’exemplaires vendus de son prédécesseur (encore qu’emmené par l’irrésistible Feel good inc., Demon days semble démarrer très fort), et pourtant, qu’on se le dise : cet album est une pure merveille. De celles qui se laissent apprivoiser lentement, mais dont le pouvoir d’attraction, la richesse, la variété sont tels qu’il est illusoire, ensuite de vouloir s’en passer durablement.

On ne jouera donc pas ici au petit jeu du "qui ressemble à quoi". Demon days est un univers à part entière qui contient tous les genres musicaux pour mieux les fusionner et les dépasser. Pop, rock, rap, electro-dub, hip-pop et world dansante s’y mélangent sans retenue ni arrière-pensée. Entouré de quelques invités prestigieux (De La Soul, Neneh Cherry, Shaun Ryder - Happy Mondays - ou Dennis Hopper en narrateur) Damon Albarn a largement repris à son compte l'ensemble du projet (Dan "The Automator" voguant vers de nouvelles aventures) épaulé par Danger Mouse, le DJ auteur du récent Grey album. Et le nouveau duo s'en tire plus que brillamment en démiurges tout puissants de la plus excitante des tours de Babel musicales.

Alors ne cherchez plus la BO de votre été : Gorillaz vient de vous la livrer.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Juin 2005



Site officiel : www.gorillaz.com
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