1. Now It's On
2. I'm On Standby
3. The Go In The Go Gor It
4. The Group Who Couldn't Say
5. Lost On Yer Merry Way
6. El Caminos In The West
7. Yeah Is What We Had
8. Saddest Vacant Lot In All The World
9. Stray Dog And The Chocolate Shake
10. O.K. With My Decay
11. The Warming Sun
12. The Final Push To The Sum
Avec
un nom de grand-père et un look de ploucs du middle-west, les
Grandaddy n’ont pas choisi la facilité pour se faire
une place dans le milieu branché de la scène indé.
Et ce ne sont pas leurs joues rondes, leurs barbes fournies et leurs
casquettes siglées par un fabricant de tracteurs agricoles
qui risquent d’y changer grand-chose. Non, ce qui fait la différence,
c’est leur musique aux antipodes d’une image définitivement
hors sujet.
En évoluant tranquillement au fil de leurs deux albums précédents,
les Grandaddy, emmenés par Jason Lytle, tête pensante
du groupe (il écrit, compose, enregistre, arrange et produit
!), sont arrivés à une pop raffinée aux harmonies
subtiles que l’on ne s’attendrait pas à trouver
à pareille fête entre les mains de tels rustauds.
De rustauds, ils n’ont donc que l’apparence (et les origines
: Modesto, bourgade agricole de Californie), vous l’aurez compris.
Sumday est en effet l’un des albums les plus délicats
et enlevés de l’année. Pas un titre, pas une chanson,
par une mélodie qui ne soit frappée au coin du talent
pur (même si Stray dog and the chocolate shake…).
Dès l’ouverture (Now it’s on), le ton est donné
: tout pour la mélodie, le son et l’atmosphère
d’un pop qui doit beaucoup aux glorieux aînés (de
Pink Floyd à Electric Light Orchestra) sans jamais craindre
d’être accusé de plagiat. C’est que Lytle
a suffisamment de talent pour avoir digéré ses maîtres
et nous restituer… autre chose. Des pop-songs courtes, "à
texte" et des mélodies uniques et fortes.
On ne "plane" pas en écoutant Sumday (sauf peut être
sur Saddest vacant lot in all the world) : la guitare de Jim Fairchild
est là quand il faut se faire entendre (I’m on stand
by, Lost on yer merry way, etc.) et la batterie de Aaron Burtch n’est
jamais loin. Mais c’est toujours la voix éthérée
de Jason Lytle qui a le dernier mot en venant irrésistiblement
enchanter (envoûter) des oreilles sous le charme.
Et si vous ne me croyez pas, mettez directement The group who couldn’t
say ou, mieux, le refrain de El Camino is the west et dites moi si
vous avez entendu quelque chose de ce niveau-là ces derniers
mois !