GRAND
NATIONAL
Kicking the national habit
(Sunday Best / Recall - 2005)
1. Drink to moving on
2. Talk amongst yourselves
3. Playing in the distance
4. Boner
5. Peanut dreams
6. Cherry tree
7. Coming round
8. Daylight goes
9. North sound off
10. Litter bin
C'est
nouveau, ça vient de sortir et ça fait beaucoup
de bien au conduit auditif : en recyclant la pop synthétique
et sautillante des 80's, Grand National donne un bon coup de
peps à ce début d'année.
Rob Da bank est un homme heureux. Non content d'être le
Dj le plus en vue de la BBC, il vient de créer son propre
label (Sunday Best) et de signer le groupe le plus prometteur
de ce début d'année : Grand National. On devrait
d'ailleurs parler de duo plutôt que de groupe puisque
Ruppert Lydon et Lawrence Rudd sont les seuls comparses de ce
gang flambant neuf.
Ils ne tombent pourtant pas du ciel, puisque avant de voler
de leurs propres ailes, les deux londoniens étaient membres
d'un cover band spécialisé qui piochait allègrement
dans les répertoires de Queen et Police. Jusqu'à
la rencontre providentielle avec quelques membres de Primal
Scream, l’amitié qui s’ensuivit et la mise
à disposition gracieuse d'un studio d'enregistrement.
On est en 2001, l'aventure commence.
Quatre ans plus tard, les presque trentenaires (ça nous
change des post-adolescents qui fument en cachette et enregistrent
pendant les vacances scolaires) ont trouvé un nom et
sortent leur premier album.
Pour le nom, rien de foudroyant puisque directement inspiré
de l'épreuve hippique organisée chaque année
à Liverpool (équivalent, en saut d’obstacles,
du parisien Prix d’Amérique, consacré, lui,
au trot). Pour ce qui de l'album en revanche, il y a beaucoup
à dire. A commencer par un jugement de valeur lapidaire
mais dénué d'ambiguïté qui pourrait
se traduire, au choix, par l'une de ces deux formules triviales
: "c'est le pied !" (si l'on se réfère
à la pochette de l'album) ou "c'est mon dada !"
(pour les raisons équestres évoquées juste
au-dessus).
C'est que Kicking the national habit est une pure collection
de pop-songs sautillantes et immédiatement familières,
recyclant sans honte tout ce que les 80's ont produit de meilleur
: mélodies synthétiques, ska endiablé,
beat funky et voix directement piquée à Sting.
On y trouve aussi un peu de Police (Daylight goes et North sound
off), pas mal de New Order (Talk amongst yourselves et Cherry
tree), une pointe de Depeche Mode et même une pincée
de Madness (Boner) !
Bref, que du plaisir estampillé "pas compliqué",
alliance réussie de l'esprit rock et de la beauté
pop. Le genre d'album œcuménique qui fait aussi
bien le bonheur de l'auditeur que celui de la maison de disque
à qui il n'aura pas échappé que Grand National
rime avec "commercial". Mais après tout, pourquoi
bouder son plaisir et exiger absolument qu'un artiste, pour
être apprécié, soit maudit ?