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     MuSiQueS
 
AL GREEN
I can't stop
(Blue Note - 2003)

1. I can't stop
2. Play to win
3. Rainin in my heart
4. I've been waitin on you
5. You
6. Not tonight
7. Million to one
8. My problem is you
9. I'd still choose you
10. I've been thinkin bout you
11. I'd write a letter
12. Too many
On ne l'attendait plus, il revient plus plus en forme que jamais : après 30 ans de silence, le légendaire Al Green sort un nouvel album plus chaud, plus soul que jamais.


Le terme qui convient le mieux à l'histoire d'Al Green est celui de "résurrection". Résurrection musicale d'abord puisque I can't stop est son premier album digne de ce nom enregistré depuis la fin des années 70 (il y avait eu aussi un décevant disque de gospel en 1986). Résurrection spirituelle ensuite, puisque le Révérend Al Green vient de passer les vingt dernières années à prêcher dans sa paroisse du Full Gospel Tabernacle à Memphis (Tennessee), située Reverend Al Green Road !

Il faut dire que le bougre, avant de disparaître de la circulation, avait été le maître absolu du rythm'n'blues, le "mister loverman" de la soul music, une idole à la voix de velours, "collègue de bureau" des Sam Cooke, Curtis Mayfield, Otis Redding ou Marvin Gaye… Mais, après quelques alertes sérieuses, la foi l'avait rattrapée un soir de 1979 lors d'une chute de scène qu'il avait jugée prémonitoire. Exit la vie dorée de sex-symbol écervelé, bonjour l'amour de Dieu et les sermons enflammés.

C'est donc un petit miracle de le voir réapparaître fin 2003 pour un retour aux sources d'autant plus spectaculaire que I can't stop se situe d'emblée au plus haut niveau du genre. La voix est toujours là et l'envie d'Al Green exulte à chaque détour de chanson.

Et comme Dieu fait bien les choses, il a donné un nom à ce miracle : Willie Mitchell. Un vieux monsieur qui, entre 1971 et 1976, a produit et arrangé tous les tubes d'Al Green. Un vieux monsieur qui avait révélé Al Green au monde en lui faisant découvrir sa propre voix et les pouvoirs qu'elle possédait. Un vieux monsieur qu'Al Green avait abandonné du jour au lendemain pour embrasser la foi.

En revenant payer sa dette d'honneur à Willie Mitchell, Al Green vient surtout nous offrir un somptueux album de soul music à l'ancienne (musiciens originaux, studio Royal de Mitchell et… son micro d'époque !) : chaud, sensuel, envoûtant, sur lequel la voix intacte du maître vient se couler langoureusement. Dès l'intro du premier morceau on régresse de 30 ans et on retrouve, intacts, la rythmique légère, les cuivres incandescents et l'indécente volupté des susurrements du géant vert.

Soyons clair : il n'y a pas l'ombre d'une innovation musicale, sur cet album. On y trouve simplement une totale perfection vintage. On adore ça, et nous non plus on ne peut pas s'arrêter !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Janvier 2004
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