1. I can't stop
2. Play to win
3. Rainin in my heart
4. I've been waitin on you
5. You
6. Not tonight
7. Million to one
8. My problem is you
9. I'd still choose you
10. I've been thinkin bout you
11. I'd write a letter
12. Too many
On
ne l'attendait plus, il revient plus plus en forme que jamais
: après 30 ans de silence, le légendaire Al Green
sort un nouvel album plus chaud, plus soul que jamais.
Le terme qui convient le mieux à l'histoire d'Al Green
est celui de "résurrection". Résurrection
musicale d'abord puisque I can't stop est son premier album
digne de ce nom enregistré depuis la fin des années
70 (il y avait eu aussi un décevant disque de gospel
en 1986). Résurrection spirituelle ensuite, puisque le
Révérend Al Green vient de passer les vingt dernières
années à prêcher dans sa paroisse du Full
Gospel Tabernacle à Memphis (Tennessee), située
Reverend Al Green Road !
Il faut dire que le bougre, avant de disparaître de la
circulation, avait été le maître absolu
du rythm'n'blues, le "mister loverman" de la soul
music, une idole à la voix de velours, "collègue
de bureau" des Sam Cooke, Curtis Mayfield, Otis Redding
ou Marvin Gaye… Mais, après quelques alertes sérieuses,
la foi l'avait rattrapée un soir de 1979 lors d'une chute
de scène qu'il avait jugée prémonitoire.
Exit la vie dorée de sex-symbol écervelé,
bonjour l'amour de Dieu et les sermons enflammés.
C'est donc un petit miracle de le voir réapparaître
fin 2003 pour un retour aux sources d'autant plus spectaculaire
que I can't stop se situe d'emblée au plus haut niveau
du genre. La voix est toujours là et l'envie d'Al Green
exulte à chaque détour de chanson.
Et comme Dieu fait bien les choses, il a donné un nom
à ce miracle : Willie Mitchell. Un vieux monsieur qui,
entre 1971 et 1976, a produit et arrangé tous les tubes
d'Al Green. Un vieux monsieur qui avait révélé
Al Green au monde en lui faisant découvrir sa propre
voix et les pouvoirs qu'elle possédait. Un vieux monsieur
qu'Al Green avait abandonné du jour au lendemain pour
embrasser la foi.
En revenant payer sa dette d'honneur à Willie Mitchell,
Al Green vient surtout nous offrir un somptueux album de soul
music à l'ancienne (musiciens originaux, studio Royal
de Mitchell et… son micro d'époque !) : chaud,
sensuel, envoûtant, sur lequel la voix intacte du maître
vient se couler langoureusement. Dès l'intro du premier
morceau on régresse de 30 ans et on retrouve, intacts,
la rythmique légère, les cuivres incandescents
et l'indécente volupté des susurrements du géant
vert.
Soyons clair : il n'y a pas l'ombre d'une innovation musicale,
sur cet album. On y trouve simplement une totale perfection
vintage. On adore ça, et nous non plus on ne peut pas
s'arrêter !