ADAM GREEN
Jacket full of danger
(Rough Trade - 2006)
1. Pay the toll
2. Hollywood bowl
3. Vultures
4. Novotel
5. Party line
6. Hey Dude
7. Nat King Cole
8. C-Birds
9. Animal dreams
10. Cast a shadow
11. Drugs
12. Jolly good
13. Watching old movies
14. White women
15. Hairy women
Nouvel
album de l’ex-Moldy Peaches et nouvelle collection de petites
perles pop qui confirment le talent insouciant d’un petit-maître
de l’anti-folk.
Et de quatre ! Le rythme est élevé et revendiqué
comme tel par le toujours jeune Adam Green : plutôt un court
album par an que de longues attentes ou, au contraire, une indigeste
profusion. C’est que le touche à tout new-yorkais n’est
pas du genre à bâtir des plans de carrière ni
à forcer son talent. Illustration : Jacket full of danger,
sa dernière production, affiche quinze titres au compteur (score
plus qu’honorable)… mais expédiés en seulement
trente minutes ! Faites le compte vous-même : Adam Green n’est
pas du genre à amuser le terrain ni tirer à la ligne.
Sa "touch" à lui, c’est une idée, une
chanson. Et tant pis si le fan est frustré : il en veut plus
? Qu’il appuie à nouveau sur la touche "play"
!
C’est d’ailleurs exactement ce qu’il fait, le fan.
Il appuie encore et encore sur cette foutue touche "play",
la seule capable de lui donner sa ration du Green facétieux
et virtuose qui distille avec tant de parcimonie son immense talent
de songwriter et, c’est moins régulièrement souligné,
de mélodiste original et inventif. Avec en prime pour le millésime
2006, une voix nouvelle, profonde et grave, aux intonations de crooner
rock, croisement inattendu entre Frank Sinatra et Jim Morrison ! Passée
la (demi) surprise - Gemstones,
son album précédent, laissait déjà entrevoir
cette évolution - on se laisse prendre, sans esquisser la moindre
défense, aux flonflons du Green Circus.
Ritournelles pop (Pay the toll, Party line), chansons de cabaret (Hollywood
bowl, Hey dude, Animal dreams), ballades country (Vultures, Jolly
good), rock électrique (White women), authentiques petits chefs-d’œuvres
(Novotel, Cast a shadow, Drugs), incantations Doorsiennes (Nat King
Cole, C-Birds) ou… pochade de collégien (Hairy women),
Adam Green pioche avec une gourmandise à peine polie dans tous
les genres pourvu qu’ils servent son propos : vivre heureux
de son art sans se prendre la tête… ni la nôtre
! D’autant qu’il s’est arrangé pour faire
la part belle au piano, aux cordes et à des arrangements qui
font briller chacune de ses chansons comme un diamant précieux
qu’elles n’est pas toujours.
Et si l’ensemble est un peu court en oreille (comme on dit de
certains vins qu’ils sont longs en bouche), il reste terriblement
efficace et digeste. Allez, moi je m’en remets une tournée.
Elle est où déjà la touche "play" ?