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     MuSiQueS
 
GUILLEMOTS
From the cliffs
(Naïve - 2006)

1. Sake
2. Trains to Brazil
3. Made up lovesong # 43
4. Over the stairs
5. Who left the lights off, baby ?
6. Cats eyes
7. Go away
8. My chosen one
Un quatuor britannique, totalement décomplexé et en état de grâce, dépoussière la pop et tutoie les cimes.


Cet album pose les bases de la grandeur à venir des Guillemots, espérons-le tout du moins. Les ignorer serait une terrible injure, tant ce qui se trame là-dedans est majestueux. En effet, le groupe ne se gêne pas pour exploser tous les carcans de la vieille pop sempiternellement construite autour de l'axe couplet-refrain-couplet-refrain. Là, on saute d'un couplet mélancolique à un refrain jovial sans ambages, entre Beach Boys et Beatles ; ici, on glisse de propos enfantins à propos sibyllins, entre Radiohead et Talking Heads. Enfin... cela ne ressemble à rien de connu.

Ces jeunes gens n'ont cure des qu'en-dira-t-on, de la cohésion interne de leurs chansons, peu importe tant que c'est bon et que la magie y est. Autant vous prévenir, on ne s'ennuie jamais dans le monde merveilleux et échevelé de ces nouveaux princes de la pop, mais il risque d'en décontenancer plus d'un. Pour les autres, sautez à pieds joints dans ce bijou que n'aurait renié ni Lewis Carroll, ni Syd Barrett.

Tel un pied de nez à la musique conventionnelle et rigide du moment, eux font feu de tout bois, utilisant pléthore d'instruments classiques ou non, jouets, cloches, glockenspiel, étrangetés et tout le tremblement. Parfois, tout s'arrête net, comme une vilaine brisure... mais pour ne jamais gâcher le plaisir, Guillemots met de l'huile sur le feu et repart de plus belle dans une course folle et surnaturelle dans les tréfonds de la musique populaire, à bord d'un train fantôme peuplé de doux dingues, de pianos cabaret-bastringues et de refrains au goût de reviens-y.

Jubilation, jouissance et rêves humides d'enfants sont les maîtres mots de la musique de Guillemots qui oscille entre pop ultra évidente (Who left the lights off, baby ?), orchestrations baroques ébouriffantes (Trains to Brazil) et expérimentations concassées dignes d'OK Computer de Radiohead sur de longues plages jamais ennuyeuses, presque toujours intenses (c'est le cas de Over the stairs). Tendez l'oreille, ne vous privez pas, c'est les vacances !


Gabriel Pereira
© Jowebzine.com - Août 2006



Site : www.guillemots.com
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