1. Sake
2. Trains to Brazil
3. Made up lovesong # 43
4. Over the stairs
5. Who left the lights off, baby ?
6. Cats eyes
7. Go away
8. My chosen one
Un
quatuor britannique, totalement décomplexé et en état
de grâce, dépoussière la pop et tutoie les cimes.
Cet album pose les bases de la grandeur à venir des Guillemots,
espérons-le tout du moins. Les ignorer serait une terrible
injure, tant ce qui se trame là-dedans est majestueux. En effet,
le groupe ne se gêne pas pour exploser tous les carcans de la
vieille pop sempiternellement construite autour de l'axe couplet-refrain-couplet-refrain.
Là, on saute d'un couplet mélancolique à un refrain
jovial sans ambages, entre Beach Boys et Beatles ; ici, on glisse
de propos enfantins à propos sibyllins, entre Radiohead et
Talking Heads. Enfin... cela ne ressemble à rien de connu.
Ces jeunes gens n'ont cure des qu'en-dira-t-on, de la cohésion
interne de leurs chansons, peu importe tant que c'est bon et que la
magie y est. Autant vous prévenir, on ne s'ennuie jamais dans
le monde merveilleux et échevelé de ces nouveaux princes
de la pop, mais il risque d'en décontenancer plus d'un. Pour
les autres, sautez à pieds joints dans ce bijou que n'aurait
renié ni Lewis Carroll, ni Syd Barrett.
Tel un pied de nez à la musique conventionnelle et rigide du
moment, eux font feu de tout bois, utilisant pléthore d'instruments
classiques ou non, jouets, cloches, glockenspiel, étrangetés
et tout le tremblement. Parfois, tout s'arrête net, comme une
vilaine brisure... mais pour ne jamais gâcher le plaisir, Guillemots
met de l'huile sur le feu et repart de plus belle dans une course
folle et surnaturelle dans les tréfonds de la musique populaire,
à bord d'un train fantôme peuplé de doux dingues,
de pianos cabaret-bastringues et de refrains au goût de reviens-y.
Jubilation, jouissance et rêves humides d'enfants sont les maîtres
mots de la musique de Guillemots qui oscille entre pop ultra évidente
(Who left the lights off, baby ?), orchestrations baroques ébouriffantes
(Trains to Brazil) et expérimentations concassées dignes
d'OK Computer de Radiohead sur de longues plages jamais ennuyeuses,
presque toujours intenses (c'est le cas de Over the stairs). Tendez
l'oreille, ne vous privez pas, c'est les vacances !