1. Cash machine
2. Middle Eastern holiday
3. Tied up too tight
4. Gotta reason
5. Hard to beat
6. Unecessary trouble
7. Move on now
8. Better do better
9. Living for the weekend
10. Feltham is singing out
11. Stars of CCTV
Ils
sont quatre, ils viennent de la banlieue de Londres et ils sont
la nouvelle sensation (hebdomadaire) de la scène britannique.
On ne s’en lasse pas…
Désolé de vous refaire le coup (presque) chaque
semaine, mais le monde est ainsi fait que le meilleur fromage
vient toujours de France, les meilleurs sushi du Japon et la
meilleure brit-pop d’Angleterre. Toujours. Et comme nos
amis Bretons ne sont pas du genre avare, les petits génies
se succèdent à une cadence infernale.
Ceux de cette semaine ont pourtant deux ou trois qualités
que beaucoup leur envient. A commencer par un leader, Richard
Archer, qui n’est pas exactement un débutant, puisque
les plus "physionomistes" se rappelleront l’avoir
entendu sévir à la tête des Contempo à
la fin des années 90 et, depuis, comme chanteur des Tommy
Hools. Une expérience qui n’est pas tout à
fait étrangère à la fulgurance du premier
album de Hard-Fi, quatuor originaire de Staines dans la banlieue
de Londres.
Textes incisifs au contenu social et politique affirmé
(Richard Archer : "CCTV, ce sont des caméras de
surveillance. Ce sont les initiales de Caméras de Surveillance
en Circuit Fermé. En Grande-Bretagne, il y en a partout.
On est toujours suivi par une caméra, c’est du
flicage. Ils vous racontent que c’est pour assurer votre
sécurité mais c’est juste pour surveiller
tout le monde."), musique dont les influences revendiquées
(à juste titre) sont les Clash, les Specials et autres
Happy Mondays, concerts sold out jusqu’à la fin
de l’année (à l’heure où j’écris
ces lignes, il ne reste que quelques places le 14 décembre
à Belfast)… Beaucoup d’indices qui ne trompent
pas.
D’ailleurs il ne faut pas longtemps (une seule écoute,
en fait) pour comprendre que Hard-Fi est bien de la trempe des
groupes que l’on prend en pleine gueule sans avoir rien
vu venir. Comme le Definitely maybe de Oasis ou le White blood
cells des White Stripes. Onze titres et autant de tubes potentiels,
frais, nerveux, bondissants et addictifs. C’est groovy
avec Cash machine (et sa drôlatique angoisse de voir sa
carte retenue par le distributeur faute de provision suffisante),
irrésistible avec Hard to beat et Middle Eastern holyday,
efficace avec Tied up too tight (inspiré d’un air
populaire détourné pour l’occasion), posé
avec un Move on au piano, revendicatif avec Better do better,
grandiose avec Feltham is singing out et définitif avec
Stars of CCTV.
Et puis, il y a chez Hard-Fi une telle sincérité,
une absence si totale de plan marketing ou de pose "pour
la photo", que l’on se prend à y croire un
peu plus fort, à se dire que décidément
il est encore possible d’être surpris, d’être
heureux en posant pour la première fois sur la platine
un CD inconnu. Ne serait-ce que pour ça : merci Hard-Fi
!