GEORGE
HARRISON
All things must pass
Réédition 30ème anniversaire
(EMI Records Ltd - 2001)
CD1
1 - Id have you anytime
2 - My sweet Lord
3 - Wah-wah
4 - Isnt it a pity
5 - What is life
6 - If not for you
7 - Behind that locked door
8 - Let it down
9 - Run of the mill
10 - I live for you (inédit)
11 - Beware of darkness (demo)
12 - Let it down (demo)
13 - What is life (orchestration seule)
14 - My sweet Lord (2000)
CD2
1 - Beware of darkness
2 - Apple scruffs
3 - Ballad of sir Frankie crisp (let it roll)
4 - Awaiting on you all
5 - All things must pass
6 - I dig love
7 - Art of dying
8 - Isnt it a pity (version two)
9 - Hear me Lord
10 - Its Johnnys birthday (jam)
11 - Plug me in (jam)
12 - I remember jeep (jam)
13 - Thanks for the pepperoni (jam)
14 - Out of the blue (jam)
"Jaime
à penser que les anciens fans des Beatles ont grandi, se sont
mariés et ont des enfants, mais quils ont gardé
pour nous une place dans leur cur" disait George Harrison
récemment dans une interview. Ce soir, il est bien lourd le
cur des anciens fans. Et celui de leurs femmes, de leurs maris,
de leurs enfants aussi.
George est parti comme il a vécu : discrètement, sans
tapage. Pas comme cette star de John, quil vient de rejoindre,
en cette fin de novembre humide, au Paradis du Rock et de la Pop Réunis.
La vie continue pour les deux qui restent (Paul et Ringo), et pour
nous aussi. La vie, avec ses hauts, ses bas et ses entre-deux.
Après la pluie le beau temps... et après le beau temps
la pluie... et après... plus rien.
La (magnifique) chanson-titre annonçait déjà
la couleur, en décembre 1970, lorsquest sorti All things
must pass, triple premier album solo de George Harrison, enregistré
dans la foulée de la séparation des Beatles. Épopée
Beatles au cours de laquelle le cadet du groupe avait toujours eu
du mal à placer ses propres compositions, étouffé
quil était par le très prolifique couple Lennon/McCartney.
Alors là, en 1970, libéré, il peut enfin se lâcher
: il réunit en studio dexcellents musiciens amis (Eric
Clapton, Ringo Starr, Klaus Voormann, Badfinger...) ainsi que le producteur
Phil Spector et sort en 3 disques (réduits à un coffret
de 2 CD dans la présente réédition) le fruit
de ses frustrations passées, qui mijote à feu doux dans
sa guitare depuis quelques années.
Mettons tout de suite de côté linterminable séance
dimprovisation (jam) qui clôture le débat, sur
tempo blues : 5 morceaux/30 minutes tout à fait dispensables
- on pourrait même dire "très chiants". Et
conservons tout le reste. Une vingtaine de chansons magnifiques (dont
une douzaine de classiques) attachantes, interprétées
avec cur et sincérité. Un monument de la musique
pop-folk-rock, dune finesse mélodique et dune sensibilité
qui ressortent encore plus dans cette nouvelle version. Retravaillée
il y a un an par Harrison - qui y a ajouté quelques "extras"
(dont une jolie reprise de My sweet Lord et quelques démos)
- elle est surtout expurgée dune bonne partie des arrangements
"pompiers" chers à Phil Spector (qui avait déjà
réussi à saccager une bonne partie de lalbum Get
Back des Beatles par ses orchestrations indigestes).
La pochette dorigine a elle aussi été retravaillée
; on retrouve George sur son tabouret avec sa barbe, ses bottes et
ses nains de jardin, mais colorisé et avec un arrière
plan qui évolue : dabord juste la forêt et le ciel
pour la couverture, puis quelques cheminées (centrales nucléaires
?) fumantes et quelques immeubles apparaissent pour le CD1, un pont
autoroutier et des tours pour le CD2 et enfin un urbanisme envahissant
(vous noterez lavion dans le coin supérieur gauche...)
pour le livret.
Et George, devant, imperturbable, avec sa barbe, ses bottes et ses
nains de jardin. Comme sil attendait calmement lapocalypse.
Cest sûr maintenant : George Harrison ne fera pas mieux
que All things must pass. Son chef doeuvre est encore plus touchant
aujourdhui, quil nous le chante depuis les étoiles.