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     MuSiQueS
 
MAXIMILIAN HECKER
Infinite love songs
(Wagram - 2002)

1 - Polyester
2 - Sunburnt days
3 - Green night
4 - The days are long
and filled with pain
5 - White
6 - Cold wind blowing
7 - Over
8 - Flower four
9 - Like them
10 - Infinite love song
11 - Let me out
12 - Today
Dans mon immense inculture, jusqu’à une période récente, je ne connaissais du rock allemand que les précurseurs électro-bidouilleurs de Kraftwerk et les grosses machineries teutonnes au premier rang desquelles Tangerine Dream et consorts. Et puis la puce m’a été mise à l’oreille (c’est le cas de le dire) il y a quelques semaines avec Neon golden, l’envoûtant (sixième) album de The Notwist : "Tiens, il se joue donc, outre-Rhin, autre chose que du kraut ou du hard-rock !?". Et oui, semble confirmer aujourd’hui l’actualité musicale en proposant à notre sagacité le premier album de Maximilian Hecker.

Repéré il y a un mois sur la sélection de la FNAC, Indétendances 2, Infinite love songs a donc atterri sur ma platine dès sa sortie, histoire de vérifier les promesses entrevues sur le titre sélectionné par le grand agitateur (depuis 1952). Le verdict est simple et sans ambiguïté : promesses tenues !

A des années lumières des groupes évoqués plus haut, Maximilian Hecker est une sorte d’autiste de la pop song. Vivant et jouant en totale autarcie, ce jeune auteur-compositeur-interprète de 23 ans présente au public un premier disque très personnel et formellement très beau. Pour situer, en peu de mots, son univers, pensez à un nid douillet de chansons amoureuses susurrées d’une voix douce, éthérée, presque androgyne. Une sorte de Coldplay aérien et léger. Rien de surjoué ou de surproduit sur cet album. Au contraire, Maximilian Hecker s’est scrupuleusement attaché à utiliser sa voix et sa guitare (plus quelques notes de piano ici ou là) sans ajouter ce genre d’arrangements qui transforment immanquablement une belle ballade en choucroute garnie indigeste.

Et le résultat est exemplaire d’élégance et de personnalité. En douze chansons émouvantes, l’auditeur est happé par ce monde de douceur ouatée qui ne tombe jamais dans la somnolence. Bien au contraire, c’est un sentiment de force et de volonté qui émane de ce carnet de love songs. Le genre de disque qui, irrésistiblement, rend heureux. Alors, en ces temps troublés, ne boudons pas notre plaisir.

Ah, un dernier conseil avant de se quitter : évitez scrupuleusement d'écouter, ne serait-ce qu'une fois Polyester et Flower four. Le risque d'accoutumance, que dis-je, de dépendance est vraiment trop fort. On se demande ce que font les pouvoirs publics : laisser des chansons pareilles en écoute libre... quelle inconscience !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Mai 2002
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