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Un beau disque qui lui ressemble : tendre, inventif, poétique
et éternellement jeune.
Onze chansons qui s’imposent d’elles-mêmes, tranquillement
et magistralement. Onze facettes d’un poète des temps
modernes, amoureux des mots et des consonances. Onze ambiances,
à mi-chemin entre music-hall et rock’n’roll,
dont la variété multicolore est superbement mise en
valeur par une production claire, sobre et chaleureuse.
Onze clins d’yeux à la bonne vingtaine d’albums
précédents qui auraient tout aussi bien pu eux-mêmes
découler de ce joli dernier, tant il respire la jeunesse,
l’enthousiasme, la folie et l’amour des débuts.
Onze titres qui nous baladent délicieusement dans l’univers
unique de l’artiste, son blues épuré, ses mélodies
sentimentales, ses délires surréalistes, ses romances
surannées, ses tranches de vies poignantes…transportés
par sa voix profonde, intense et douce à la fois.
Huit années de maturation depuis le précédent
album (Paradis païen). Huit ans de vie, de projets parallèles,
de collaborations, de tournées (incluant de longs passages
à l’étranger, Afrique, Amérique, Océanie…),
d’écriture, d’hésitations… Plutôt
que de se consacrer à l’enregistrement d’un nouvel
opus - dont il avait pourtant la plupart des morceaux - Higelin
choisit la parenthèse en créant en 2004 un spectacle
autour de Charles Trénet, son père spirituel (Higelin
enchante Trénet). Pour prendre le temps, pour prendre l’air.
Et puis la rencontre avec Rodolphe Burger qui a enclenché
le processus, réunissant Higelin et ses musiciens fétiches
(notamment le fidèle Mahut aux percus) avec ceux de l’ancien
leader du groupe Kat Onoma dans sa ferme-studio au fin fond de l’Alsace.
C’est là qu’Amor doloroso a vu le jour. Amour
douloureux. A 66 ans, Higelin est encore un grand gamin soumis aux
tourments romantiques ; sans que cela ne paraisse choquant d’aucune
manière. C’est même sûrement ça
le secret de sa folle énergie créatrice, cette sorte
de jeunesse éternelle qui illumine son œuvre de façon
persistante depuis toujours.
Fidèle à ses influences (Trénet apparaît
souvent au détour d‘une chanson, mais on entend aussi
Gainsbourg et Brigitte Fontaine ici ou là), Higelin est avant
tout fidèle à lui même : ce disque lui va comme
un gant et nous met les oreilles au chaud pour l’hiver.
Roland Caduf
© Jowebzine.com - Décembre 2006
Sites
- www.higelin.com
(non officiel)
- www.jacqueshigelin.fr
(officiel).
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