1 - MICH GERBER
Embers of love
2 - GENERAL ALCAZAR
Les escaliers de J.Berce
3 - MAXIMILIAN HECKER
Polyester
4 - YOANN/LAGENCE
The hardest
5 - TRIO MOCOTO
Cyrano de Beijorac
6 - DANYEL WARO
Bat la min
7 - BACCHERINI
Ce quelles font aussi
8 - NERAC
Absinthe
9 - "S"
Dans les dunes
10 - NICKELBACK
How you remind me
Re-ScooOOOOOOOOOOOP
!
Musicalement, il continue toujours de se passer autre chose que les
productions du lamentable (et très stable !) aréopage
quon retrouve immanquablement chaque année au concert
des Enfoirés !
En-dessous de toutes ces productions commerciales qui, telles les
(né)fast-food MacDo, envahissent inexorablement et sans distinction
nos aires dautoroute, nos centres commerciaux et nos centres-ville
historiques, quelques espèces réussissent encore à
survivre en utilisant au mieux les quelques miettes quon veut
bien leur laisser picorer. Ces espèces, ce sont les 300 labels
indépendants français. Leur mission : permettre à
tous les artistes qui nont pas un potentiel commercial suffisant
pour coucher avec Jean-Marie Messier, de sortir leur disque, dassurer
des concerts, de se faire connaître. Fragiles contre-pouvoirs
face à leffrayante uniformisation de la production musicale
de masse, ces labels nourrissent à leur maigre sein des musiciens
auxquels ils croient et quils vont chercher à promouvoir.
Et cest là que ça se corse pour eux, car les moyens
ne sont malheureusement pas souvent au rendez-vous. Et cest
là que cest dommage, car cest bien évidemment
chez eux que sexpriment les talents purs, intéressants
et novateurs.
Malgré tout, donc, même en jouant très fort et
tout géniaux quils peuvent être, ces artistes ont
très peu de chance datteindre nos pauvres oreilles usées,
saturées et mises à mal par la mauvaise soupe quon
leur sert à gogo jusqu'à ce quelles finissent
par sen satisfaire.
Cest en partant de ces constats que la FNAC a décidé
de lancer le concept IndéTendances : chaque mois, pour 4 euros,
une sélection de 10 titres caractéristiques extraits
de 10 albums de 10 groupes de la scène indépendante.
Je ne suis pas un aficionado de la FNAC, et je considère même
quelle joue bien son rôle dans le processus duniformisation
ci-dessus, mais bon, soyons honnêtes : cette initiative part
dune bonne intention et je soutiendrai donc son objectif douvrir
quelques papilles auditives à un éventail de nouveaux
goûts.
Maintenant, penchons nous plus précisément sur la sélection
davril 2002 (en vente jusquau 1er mai), que jai
testée pour vous. La pochette reste sur le modèle dIndéTendance
1 : complète, avec livret intérieur très détaillé,
une page par groupe et un texte assez précis. Le choix des
styles est résolument cosmopolite tant musicalement que géographiquement
(il y a des Suisses, des Brésiliens, des Français, des
Allemands...). Et une nouvelle fois (et cest une bonne chose),
si tout est intéressant, tout ne peut pas plaire à tout
le monde.
Pour ma part, par exemple (et en toute subjectivité) :
- au rayon du "je passe vite...", linsupportable
maloya de Danyel Waro (y disent que cest du blues réunionnais
sur la pochette, mais ça ressemble plutôt à un
interminable chant de fest-noz à la sauce créole...),
la présomptueuse variétoche de Nérac (parfaitement
sans intérêt), et linsipide rock FM de base des
Canadiens de Nickelback (Nickelback ? ça serait pas la traduction
canadienne de "cul cousu dor" en moins riche ?),
- au rayon du "pourquoi pas ?", "S" (comme
Serge, on dirait ? Un peu trop initiales SG, dailleurs - je
ne parle pas de la banque - pour être complètement convainquant),
Yoann/lAgence (dont le fond musical a réussi à
mintéresser en dépit de mon allergie au rap),
le Trio Mocoto (amusante samba-rock à la Chico Buarque) et
enfin Baccherini et sa chanson colorée à litalienne,
- au rayon du "sympa", lunivers déjanté
et inventif du Général Alcazar (mais il a déjà
roulé sa bosse le Patrick Chenière ! Cest plus
un débutant celui-là !) et la très belle pop
mélodique de lallemand Maximilian Hecker (avec la prime
de la pochette la plus sexy pour sa pin-up alanguie en petite culotte),
- au rayon du "choc du disque", lenvoûtant
morceau du contrebassiste suisse Mich Gerber, au départ baroque
à la Henry Purcell, rapidement mâtiné délectronique
douce, puis du chant splendide dImogen Heap sur une mélodie
imparable. Lalbum sappelle The endless string et celui-là,
il me le faut !
Au final, à nouveau un très agréable moment,
agrémenté du plaisir de la découverte et du plaisir
de se dire quil se passe autre chose en France que ce quon
nous sert au repas des Enfoirés. Alors ? Rendez-vous en mai
(si ça vous plaît) pour le numéro 3 ?