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     MuSiQueS
 
INDETENDANCES 2
Avril 2002
(FNAC - 2002)

1 - MICH GERBER
Embers of love
2 - GENERAL ALCAZAR
Les escaliers de J.Berce
3 - MAXIMILIAN HECKER
Polyester
4 - YOANN/L’AGENCE
The hardest
5 - TRIO MOCOTO
Cyrano de Beijorac
6 - DANYEL WARO
Bat la min
7 - BACCHERINI
Ce qu’elles font aussi
8 - NERAC
Absinthe
9 - "S"
Dans les dunes
10 - NICKELBACK
How you remind me
Re-ScooOOOOOOOOOOOP !
Musicalement, il continue toujours de se passer autre chose que les productions du lamentable (et très stable !) aréopage qu’on retrouve immanquablement chaque année au concert des Enfoirés !

En-dessous de toutes ces productions commerciales qui, telles les (né)fast-food MacDo, envahissent inexorablement et sans distinction nos aires d’autoroute, nos centres commerciaux et nos centres-ville historiques, quelques espèces réussissent encore à survivre en utilisant au mieux les quelques miettes qu’on veut bien leur laisser picorer. Ces espèces, ce sont les 300 labels indépendants français. Leur mission : permettre à tous les artistes qui n’ont pas un potentiel commercial suffisant pour coucher avec Jean-Marie Messier, de sortir leur disque, d’assurer des concerts, de se faire connaître. Fragiles contre-pouvoirs face à l’effrayante uniformisation de la production musicale de masse, ces labels nourrissent à leur maigre sein des musiciens auxquels ils croient et qu’ils vont chercher à promouvoir. Et c’est là que ça se corse pour eux, car les moyens ne sont malheureusement pas souvent au rendez-vous. Et c’est là que c’est dommage, car c’est bien évidemment chez eux que s’expriment les talents purs, intéressants et novateurs.

Malgré tout, donc, même en jouant très fort et tout géniaux qu’ils peuvent être, ces artistes ont très peu de chance d’atteindre nos pauvres oreilles usées, saturées et mises à mal par la mauvaise soupe qu’on leur sert à gogo jusqu'à ce qu’elles finissent par s’en satisfaire.

C’est en partant de ces constats que la FNAC a décidé de lancer le concept IndéTendances : chaque mois, pour 4 euros, une sélection de 10 titres caractéristiques extraits de 10 albums de 10 groupes de la scène indépendante. Je ne suis pas un aficionado de la FNAC, et je considère même qu’elle joue bien son rôle dans le processus d’uniformisation ci-dessus, mais bon, soyons honnêtes : cette initiative part d’une bonne intention et je soutiendrai donc son objectif d’ouvrir quelques papilles auditives à un éventail de nouveaux goûts.

Maintenant, penchons nous plus précisément sur la sélection d’avril 2002 (en vente jusqu’au 1er mai), que j’ai testée pour vous. La pochette reste sur le modèle d’IndéTendance 1 : complète, avec livret intérieur très détaillé, une page par groupe et un texte assez précis. Le choix des styles est résolument cosmopolite tant musicalement que géographiquement (il y a des Suisses, des Brésiliens, des Français, des Allemands...). Et une nouvelle fois (et c’est une bonne chose), si tout est intéressant, tout ne peut pas plaire à tout le monde.

Pour ma part, par exemple (et en toute subjectivité) :
- au rayon du "je passe vite...", l’insupportable maloya de Danyel Waro (y disent que c’est du blues réunionnais sur la pochette, mais ça ressemble plutôt à un interminable chant de fest-noz à la sauce créole...), la présomptueuse variétoche de Nérac (parfaitement sans intérêt), et l’insipide rock FM de base des Canadiens de Nickelback (Nickelback ? ça serait pas la traduction canadienne de "cul cousu d’or" en moins riche ?),
- au rayon du "pourquoi pas ?", "S" (comme Serge, on dirait ? Un peu trop initiales SG, d’ailleurs - je ne parle pas de la banque - pour être complètement convainquant), Yoann/l’Agence (dont le fond musical a réussi à m’intéresser en dépit de mon allergie au rap), le Trio Mocoto (amusante samba-rock à la Chico Buarque) et enfin Baccherini et sa chanson colorée à l’italienne,
- au rayon du "sympa", l’univers déjanté et inventif du Général Alcazar (mais il a déjà roulé sa bosse le Patrick Chenière ! C’est plus un débutant celui-là !) et la très belle pop mélodique de l’allemand Maximilian Hecker (avec la prime de la pochette la plus sexy pour sa pin-up alanguie en petite culotte),
- au rayon du "choc du disque", l’envoûtant morceau du contrebassiste suisse Mich Gerber, au départ baroque à la Henry Purcell, rapidement mâtiné d’électronique douce, puis du chant splendide d’Imogen Heap sur une mélodie imparable. L’album s’appelle The endless string et celui-là, il me le faut !

Au final, à nouveau un très agréable moment, agrémenté du plaisir de la découverte et du plaisir de se dire qu’il se passe autre chose en France que ce qu’on nous sert au repas des Enfoirés. Alors ? Rendez-vous en mai (si ça vous plaît) pour le numéro 3 ?


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Avril 2002
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