Untitled Document
 

     MuSiQueS
 
INDETENDANCES 3
Mai 2002
(FNAC - 2002)

1 - AVIA
I see that now
2 - ZERO 7
Simple things
3- FREDERIC GALLIANO
& THE AFRICAN DIVAS
F. communication
4 - HIGH TONE
Acid dub nucleik
5 - BEAUTES VULGAIRES
Zoo de nuit
6 - FLYING POOH
Viva San-Antonio
7 - DEPARTURE LOUNGE
Too late to die young
8 - FRED VIDALENC
La latitude des chevaux
9 - NERY
Vol libre
10 - JAMAIT
De verre en vers
ScooOOOOOOOOOOOP-ter !

Si vous êtes musicalement désespéré, si vous avez choisi pour vos oreilles les boules Quies plutôt que les derniers super-beuglements de l’industrie discographique boostés par le retour de Céline Dion, apprenez qu’au milieu de toutes ces productions commerciales qui, telles un immonde cérumen, envahissent inexorablement nos précieux conduits auditifs, quelques plantes réussissent encore à donner de beaux fruits, en utilisant au mieux le peu d’humus où l’on veut bien les laisser prendre racine. Ces plantes méritantes, ce sont les 300 labels indépendants français.

Leur mission : permettre à tous les artistes qui n’ont pas la chance de pouvoir coucher avec Jean-Marie Messier, de sortir leur disque, d’assurer des concerts, de se faire connaître. Fragiles contre-pouvoirs face à l’effrayante uniformisation de la production musicale de masse, ces labels essaient de faire pousser sur leur maigre sol des musiciens auxquels ils croient et qu’ils vont chercher à promouvoir. Et c’est là que ça se corse pour eux, car les moyens ne sont malheureusement pas souvent au rendez-vous. Et c’est là que c’est dommage, car c’est bien évidemment chez eux qu’apparaissent les talents purs, intéressants et novateurs.

Malgré tout, donc, même en jouant très fort et tout géniaux qu’ils puissent être, ces artistes ont très peu de chance d’atteindre nos pauvres oreilles usées, déformées et mises à mal par les mauvaises humeurs dont on les souille jusqu'à ce qu’elles finissent par en apprécier la texture.

Dans ce contexte, la FNAC a décidé (par conviction ou pour se donner bonne conscience ?) de lancer le concept IndéTendances : chaque mois, pour 4 euros, une sélection de 10 titres caractéristiques extraits de 10 albums de 10 groupes de la scène indépendante. Cette initiative-là part d’une bonne intention ; je la soutiendrai donc dans sa tentative de désensablage de portugaises par ce traitement à base de nouveaux (ultra)sons. Par contre, ce serait encore mieux si le personnel du rayon disques dudit magasin ne tombait pas des nues - que ce soit en face-à-face ou au téléphone - quand on lui demande si ledit article est sorti... - "Indé-quoi ?" - C’est vrai que le tas du dernier Céline Dion est plus facile à repérer !).
Maintenant, penchons nous plus précisément sur la sélection de mai 2002, que j’ai testée pour vous.
La pochette reste sur le modèle d’Indétendances 1 et Indétendances 2 : complète, avec livret intérieur très détaillé, une page par groupe et un texte assez précis - dont une introduction assez rigolote à propos d’un certain Alain, camarade graisseux qui s’est soigné.

Comme d’hab’, on ne peut pas tout aimer. Les commentaires qui suivent n’engagent que moi, même si j’ai fait subir le blind test dans la voiture à quelqu’un de très proche qui a conclu au même diagnostic. Eh oui, comme tout le monde, j’ai besoin parfois d’être conforté...

- Au rayon du "je passe vite..." : les compilateurs de la Fnac sont toujours attentifs à placer soigneusement chaque mois plusieurs trucs insupportables. Ce coup-ci, ils ont mis le paquet, avec Avia, grosse machinerie de musique de boîte (electro-house, y disent...) avec toute la finesse que cela implique... suivi de l’interminable electro-reggae-dub sans aucun intérêt de High Tone, mais également et surtout Frédéric Galliano, africano-ethnico-électro-mix au titre conforme à mes cris de détresse : Woualaï !

- Au rayon du "mouais-bof" : Fred Vidalenc, l’ancien bassiste de Noir Désir qui avait juré qu’il ne ferait plus jamais de musique (chanson terne sur riff lancinant, enregistrée sûrement un jour où il avait un gros rhume et pas de mouchoir) ; Beautés Vulgaires, sorte d’OGM cloné de la Mano Negra et de Zebda réunis (en beaucoup moins bien, ça va de soi), et le surampoulé Jamait (oui, c’est son nom), chanteur réaliste dont on ne peut mettre la sincérité en doute, mais dont l’emphase et l’exagération touchent à la caricature involontaire du genre (ça va de "caresse-moi, caresse-moi, j’ai le ventre rempli de larmes" à "noyer la déprime dans cette bière placebo"...) ; à noter toutefois pour ce dernier une musique aux accents de fado plutôt belle et une mélodie très persistante (on a du mal à s’en défaire !).

- Au rayon du "sympa" : Néry (ex-Nonne Troppo, ex-VRP), qui explore une poésie moins fantaisiste et plus personnelle, très personnelle même (son album Vol Libre très bientôt en chronique dans Jo Web’Zine). Également Departure Lounge, aux accents Loureediens/Iggypopiens, ça passe bien, c’est cool et bien envoyé. Sans oublier Zéro 7, une belle surprise aussi, en forme de soul-slow d’enfer hyper agréable et très intéressant.

- Au rayon du "choc du disque" : ces détonants Flying Pooh, inétiquetable fantaisie musicale complètement débridée, à base de ska-Madness, d’accordéon, de rap, de ruptures de rythmes, de styles et d’ambiances. On ne peut s’empêcher de penser au concept Gorillaz, c’est gai, c’est dansant, ça pétille et on a vraiment envie d’aller plus loin dans la découverte de ce premier groupe de "cartoon-core", tel qu’ils se définissent.

Au final, toujours ce plaisir de la découverte : ça plaît, ça plaît pas, mais on apprécie tellement de pouvoir en décider soi-même !


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Mai 2002
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés