1 - AVIA
I see that now
2 - ZERO 7
Simple things
3- FREDERIC GALLIANO
& THE AFRICAN DIVAS
F. communication
4 - HIGH TONE
Acid dub nucleik
5 - BEAUTES VULGAIRES
Zoo de nuit
6 - FLYING POOH
Viva San-Antonio
7 - DEPARTURE LOUNGE
Too late to die young
8 - FRED VIDALENC
La latitude des chevaux
9 - NERY
Vol libre
10 - JAMAIT
De verre en vers
ScooOOOOOOOOOOOP-ter
!
Si vous êtes musicalement désespéré, si
vous avez choisi pour vos oreilles les boules Quies plutôt que
les derniers super-beuglements de lindustrie discographique
boostés par le retour de Céline Dion, apprenez quau
milieu de toutes ces productions commerciales qui, telles un immonde
cérumen, envahissent inexorablement nos précieux conduits
auditifs, quelques plantes réussissent encore à donner
de beaux fruits, en utilisant au mieux le peu dhumus où
lon veut bien les laisser prendre racine. Ces plantes méritantes,
ce sont les 300 labels indépendants français.
Leur mission : permettre à tous les artistes qui nont
pas la chance de pouvoir coucher avec Jean-Marie Messier, de sortir
leur disque, dassurer des concerts, de se faire connaître.
Fragiles contre-pouvoirs face à leffrayante uniformisation
de la production musicale de masse, ces labels essaient de faire pousser
sur leur maigre sol des musiciens auxquels ils croient et quils
vont chercher à promouvoir. Et cest là que ça
se corse pour eux, car les moyens ne sont malheureusement pas souvent
au rendez-vous. Et cest là que cest dommage, car
cest bien évidemment chez eux quapparaissent les
talents purs, intéressants et novateurs.
Malgré tout, donc, même en jouant très fort et
tout géniaux quils puissent être, ces artistes
ont très peu de chance datteindre nos pauvres oreilles
usées, déformées et mises à mal par les
mauvaises humeurs dont on les souille jusqu'à ce quelles
finissent par en apprécier la texture.
Dans ce contexte, la FNAC a décidé (par conviction ou
pour se donner bonne conscience ?) de lancer le concept IndéTendances
: chaque mois, pour 4 euros, une sélection de 10 titres caractéristiques
extraits de 10 albums de 10 groupes de la scène indépendante.
Cette initiative-là part dune bonne intention ; je la
soutiendrai donc dans sa tentative de désensablage de portugaises
par ce traitement à base de nouveaux (ultra)sons. Par contre,
ce serait encore mieux si le personnel du rayon disques dudit magasin
ne tombait pas des nues - que ce soit en face-à-face ou au
téléphone - quand on lui demande si ledit article est
sorti... - "Indé-quoi ?" - Cest vrai que le
tas du dernier Céline Dion est plus facile à repérer
!).
Maintenant, penchons nous plus précisément sur la sélection
de mai 2002, que jai testée pour vous.
La pochette reste sur le modèle dIndétendances
1 et Indétendances
2 : complète, avec livret intérieur très
détaillé, une page par groupe et un texte assez précis
- dont une introduction assez rigolote à propos dun certain
Alain, camarade graisseux qui sest soigné.
Comme dhab, on ne peut pas tout aimer. Les commentaires
qui suivent nengagent que moi, même si jai fait
subir le blind test dans la voiture à quelquun de très
proche qui a conclu au même diagnostic. Eh oui, comme tout le
monde, jai besoin parfois dêtre conforté...
- Au rayon du "je passe vite..." : les compilateurs
de la Fnac sont toujours attentifs à placer soigneusement chaque
mois plusieurs trucs insupportables. Ce coup-ci, ils ont mis le paquet,
avec Avia, grosse machinerie de musique de boîte (electro-house,
y disent...) avec toute la finesse que cela implique... suivi de linterminable
electro-reggae-dub sans aucun intérêt de High Tone, mais
également et surtout Frédéric Galliano, africano-ethnico-électro-mix
au titre conforme à mes cris de détresse : Woualaï
!
- Au rayon du "mouais-bof" : Fred Vidalenc, lancien
bassiste de Noir Désir
qui avait juré quil ne ferait plus jamais de musique
(chanson terne sur riff lancinant, enregistrée sûrement
un jour où il avait un gros rhume et pas de mouchoir) ; Beautés
Vulgaires, sorte dOGM cloné de la Mano Negra et de Zebda
réunis (en beaucoup moins bien, ça va de soi), et le
surampoulé Jamait (oui, cest son nom), chanteur réaliste
dont on ne peut mettre la sincérité en doute, mais dont
lemphase et lexagération touchent à la caricature
involontaire du genre (ça va de "caresse-moi, caresse-moi,
jai le ventre rempli de larmes" à "noyer la
déprime dans cette bière placebo"...) ; à
noter toutefois pour ce dernier une musique aux accents de fado plutôt
belle et une mélodie très persistante (on a du mal à
sen défaire !).
- Au rayon du "sympa" : Néry (ex-Nonne Troppo,
ex-VRP), qui explore une poésie moins fantaisiste et plus personnelle,
très personnelle même (son album Vol Libre très
bientôt en chronique dans Jo WebZine). Également
Departure Lounge, aux accents Loureediens/Iggypopiens, ça passe
bien, cest cool et bien envoyé. Sans oublier Zéro
7, une belle surprise aussi, en forme de soul-slow denfer hyper
agréable et très intéressant.
- Au rayon du "choc du disque" : ces détonants
Flying Pooh, inétiquetable fantaisie musicale complètement
débridée, à base de ska-Madness, daccordéon,
de rap, de ruptures de rythmes, de styles et dambiances. On
ne peut sempêcher de penser au concept Gorillaz,
cest gai, cest dansant, ça pétille et on
a vraiment envie daller plus loin dans la découverte
de ce premier groupe de "cartoon-core", tel quils
se définissent.
Au final, toujours ce plaisir de la découverte : ça
plaît, ça plaît pas, mais on apprécie tellement
de pouvoir en décider soi-même !