JACK
THE RIPPER
Ladies first
(Village Vert - 2005)
1. From my veins to the sea
2. I used to be a charming prince
3. Goin' down
4. White men in black
5. I was born a cancer
6. Old stars
7. Vargtimmen
8. The apemen, the bride and the butterfly
9. Aleister
10. Hungerstrike at the supermarket
11. Words
12. Hush
Troisième
album pour les parisiens de Jack the Ripper et confirmation
d’un talent rarement vu à ce niveau : mais qu’attendent-ils
pour éventrer les charts ?
Et si la troisième fois était la bonne ? Et si
le troisième album était celui de la consécration
pour ce groupe parisien que les Anglais nous envient ? Ce ne
serait que justice (mais la justice est-elle de l’univers
du rock), tant Jack the Ripper a su évoluer au fil des
ans (dix déjà), des concerts (innombrables) et
des compositions (sublimes). Car il ne faut pas longtemps pour
comprendre que ce groupe compte parmi les membres à part
entière d’une confrérie artistique qui irait,
disons, de Leonard Cohen à Nick Cave, en passant par
16 Horsepower et Tindersticks, voire Calexico.
Enregistré en Belgique, aux studios Impuls de Louvain,
et produit par Stéphane Kramer (Yann Tiersen), Ladies
first restitue parfaitement l’exigence du groupe dans
ses compositions. C’est que Jack the Ripper n’est
pas de ces combos guitare-basse-batterie qui écument
les scènes avec l’urgence et l’énergie
du désepoir. Composé de huit membres, parmi lesquels
un pianiste (A. Irissou), un violoniste (Adrien Rodrigue) et
un trompettiste (Aka de Kebnekaïze), le groupe développe
un univers très personnel.
Ainsi Ladies first est-il une collection de chansons sombres
et finement ciselées qui allient une écriture
précise à des harmonies subtiles qui sont autant
de cocons fragiles à leurs tourments, à leurs
émois. Les compositions de Jack the Ripper sont belles
comme un crépuscule urbain annonciateur de nouvelles
errances nocturnes et solitaires. Ce climat si particulier est
installé dès From my veins to the sea et son intro
au piano bientôt relayé par la voix chaude et sensuelle
d’Arnaud Mazurel. Mélodie lancinante, refrain des
grands espaces : l’album est lancé. Et il l’est
plus encore avec I used to be a charming prince, et l’entrée
en lice de cette trompette sourde qui viendra, au fil de l’album,
nous filer imparablement la chair de poule.
Mais c’est avec Goin’ down que Jack the Ripper touche
au sublime dans un morceau construit comme une déambulation
dans les couloirs d’un sombre château Victorien
dont les fantômes ne seraient pas complètement
absents. Titre après titre, le groupe aligne ainsi les
miniatures aux détails soignés (I was born a cancer,
Vargtimmen, The apemen, the bride and the butterfly, Words,
Hush…), véritables tableaux qui ne sont pas sans
faire écho aux peintures de Juarez Machado qui illustrent
chacun de leurs albums. Définitivement, avec Jack the
Ripper, la faute de goût n’est pas de mise…
et urgente la nécessité de rendre justice à
leurs immenses qualités.