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Elle joue la comédie, elle scénarise, elle
réalise… et elle chante. La preuve : un premier album
sincère et émouvant.
Evidemment, le pari n’est pas facile. On a beau s’appeler
Agnès Jaoui (ou peut-être justement parce qu’on
s’appelle Agnès Jaoui), lorsque l’on sort un
disque alors que l’on est censé sortir un film, on
vous regarde un peu de travers. De ces regards mi-narquois, mi-désapprobateurs
qui semblent dire : "Encore un caprice de star…"
Pourtant, on est loin du compte. C’est que madame est avant
tout chanteuse. Formation classique, Conservatoire à Paris
et à Enghien, ce sont les hasards de la vie qui l’ont
fait dévier de cette vocation pour une carrière d’actrice,
mais surtout de scénariste et de réalisatrice.
Car l’envie était toujours là, à peine
dissimulée. C’est ainsi qu’elle poussait régulièrement
la chansonnette dans ses rôles au cinéma. Par exemple,
en interprétant déjà Lo dudo dans Le
rôle de sa vie, ou encore en jouant un professeur de chant
dans son propre film Comme
une image !
Mais cette fois-ci, c’est "pour de vrai". Un véritable
album chez Tôt ou Tard, résultat de ses voyages, de
ses découvertes, de ses affinités, de ses amitiés.
Son, boléro, bossa, fado, flamenco… Cuba, Brésil,
Portugal, Andalousie… Agnès Jaoui a glané au
fil des années quantité d’airs et paroles. Assez
pour oser, début 2005, s’embarquer sans tambour ni
trompette dans une tournée provinciale avec un spectacle,
Historias de amor, qui ne pouvait s’achever sans donner naissance
à un album. Ce fut Canta.
Douze chansons d’amour vivantes et vibrantes qui donnent la
mesure de l’envie et du talent d’une femme qui s’est
toute entière investie dans ce projet. Loin des minauderies
de certaines de ses devancières (Victoria Abril et Arielle
Dombasle, si vous nous lisez…), Agnès Jaoui se donne
corps et âme à ses chansons, à ses musiciens
et à ses invitées, au premier rang desquelles la Brésilienne
Maria Bethânia et la Portugaise Misia, ainsi qu’au groupe
espagnol Elbicho, sauveur du Flamenco moderne.
Alors, on se laisse bercer par la chaleur et la nostalgie de ses
mélodies, par ses accents grave de soprano dramatique et
l’on est heureux de partager avec elle le bonheur qui l’habite
jusque sur la très belle pochette de cet album au long cours.
Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Février 2006
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