JEFFERSON
AIRPLANE
After bathing at Baxter’s
(RCA/BMG -1967)
Streetmasse
1. The ballad of you and me and Poonell
2. A small package of value
will come to you, shortly
3. Young girl Sunday blues The war is over
4. Martha
5. Wild tyme Hymn to an older generation
6. The last wall of the castle
7. Rejoyce How suite it is
8. Watch her ride
9. Spare chaynge Shizoforest love suite
10. Two heads
11. Won’t you try
12. Saturday afternoon
AVION
DE LIGNE
Injustement oublié et incroyablement excitant, le meilleur
disque du symbole du rock psychédélique effectue
un nouveau passage au-dessus de nos têtes ébahies.
Le retour de la moumoute
Rassurez-vous, j’étais exactement comme vous. C'est-à-dire
circonspect lorsqu’il s’agissait d’exhumer
les restes de l’époque débridée qui
jouxta notre naissance (je parle des 30/45 qui - selon un récent
sondage - représentent le cœur de cible de notre
lectorat). Concerts peace and love dans la boue, grosses fleurs
orange, barbes fournies, mini-jupes, lunettes de soleil aux
verres mauves… Et ces disques aux pochettes bariolées
et aux morceaux interminables… Il aura certes fallu 35
ans, mais force est de constater que la mode, dans son cycle
inexorable, est en train, ces derniers temps, de puiser son
inspiration dans des plans du même style. J’en veux
pour preuve le retour en force de la veste en nubuck à
parements en moumoute, des cheveux longs et des rouflaquettes
(pour les mecs, tout du moins). Ainsi donc, le moment ou jamais
est venu pour moi de profiter de ce contexte propice pour oser
vous parler d’un disque déniché dans ma
cave (cf. article Colin Blunstone) et auquel la récente
réédition en CD confère une indéniable
légitimité ici-même.
Une bande d’allumés
Retour donc à cette fameuse époque où contre-culture
et rejet des contraintes faisaient bon ménage. Musicalement
parlant, c’est à San Francisco que naîtra
le mouvement rock-psychédélique, avec une équipe
de déjantés de première qui n’hésitera
pas à prendre pour nom de baptême la marque des
allumettes en carton qui servaient à allumer ses joints
: Jefferson Airplane. Une bande de fameux musiciens qui, dans
sa composition culminante (1966/1971), portera très haut
le drapeau hippie et son "flower power" de cri de
ralliement. L’usage permanent de toutes les molécules
psychotropes en vigueur à l’époque imprégnait
autant leurs buvards que leur musique, leur attitude et leurs
prestations scéniques, au cours desquels d'impressionnants
lights shows mettaient en valeur les seins nus et la sucette
de Grace Slick (la chanteuse). Mais au-delà de l’excentricité
et du delirium, on doit retenir l’essentiel, à
savoir l’extraordinaire qualité des musiciens réunis
dans cet aéroplane multicolore dont le troisième
disque, en 1967, est le chef-d’œuvre.
Le Sain Délire
L’opus prend la forme de douze morceaux répartis
en cinq suites. Déjà, rien que ça, c’est
pas rassurant, pas vrai ? Eh bien mes amis, mis à part
deux très dispensables fantaisies (dont un interminable
Spare chaynge) fleurant bon le trip de LSD, c’est du rock
mélodique qu’on entend. Du vrai, du bon, du bien
excitant rock, magnifiquement produit, magnifiquement interprété.
Quel pied ! La basse omniprésente est fabuleuse, la rythmique
extraordinaire, les guitares râpeuses et miauleuses à
souhaits, les arrangements magnifiques, les chœurs formidables
et le chant très inspiré dans ses variations.
Original et enthousiasmant, ce disque, incroyablement riche
et parfaitement dans l’air du temps, mérite une
très belle place au panthéon (à pattes
d’eph’) du rock universel. Comme quoi on devrait
se battre plus souvent contre ses a priori.