1. Je vais tout plaquer sauf toi
2. Tous les gens que tu aimes
vont mourir un jour
3. Moi je voudrais
4. Corrina, Corrina
5. La chienne de Baïkonour
6. Les mains qui tremblent
7. Devant tout le monde
8. Avoir un petit
9. De l'autre côté de la mer
10. Comme par miracle
11. Pour partir
Le
fameux deuxième album ! L’album de tous les dangers…
Généralement, quand un nouvel artiste parvient
à imposer son travail, c’est au bout de pas mal
de temps. Un temps ingrat et incontournable au cours duquel,
de concert en concert, d’enregistrement en enregistrement,
de galère en galère, les morceaux et le style
mûrissent, s’affinent, prennent tournure…
Et puis c’est le premier album, dans lequel on prend soin
de balancer le tout meilleur, qui mijote à feu doux depuis
des mois, des années. Et quand le premier album marche
bien, on est pressé (souvent par la maison de disques)
de remettre le couvert , histoire de pas laisser retomber le
soufflé. Et c’est dangereux. Moins de temps, moins
de matière, plus de moyens… Le cap du deuxième
album, c’est un peu Bonne Espérance : difficile
à aborder, difficile à franchir.
Jérôme Mardaga a vendu 25 000 exemplaires de Un
monde sans moi (sorti en France chez Capitol en 2003). Un
score honorable qui s’ajoute à une notoriété
montante, due notamment aux prestations scéniques nombreuses
et marquantes de son trio power-pop (qui a « ouvert »
pour pas mal de groupes de renom ces derniers mois). On avait
adoré le style à la fois détaché
et cynique, l’inspiration surréaliste et délirante,
comme une fausse naïveté poétique à
la sauce électro-pop avec des bouts de murs du son (guitares
!) dedans. Beaucoup de charme et d’originalité
dans ce monde sans lui - écrit et enregistré quasiment
en solo - qui sortait vraiment du lot.
Malgré tout notre a priori positif, il est malheureusement
difficile d’être aussi enthousiaste sur ce nouveau
fuseau horaire, composé en groupe sur les routes des
très nombreuses tournées ci-dessus évoquées.
Toujours des clins d’yeux (le disque dure 44 minutes 44
secondes… mais avec près de 9 minutes de quasi-remplissage
sur le dernier morceau, c’était jouable en 33 minutes
33 secondes), toujours le cynisme (Tous les gens que tu aimes
vont mourir un jour), toujours le parlé-chanté
rageur (J’vais tout plaquer pour toi en ouverture, pas
mal au demeurant), mais un niveau d’inspiration un gros
ton en-dessous, beaucoup plus terre à terre, introspectif,
autobiographique… ordinaire (les paroles de Avoir un petit,
sur les affres de la paternité sont presque gênantes).
Là-dessus, une variété musicale qui s’éparpille
(pas toujours avec bonheur) du côté du blues (très
faible Corrina,Corrina) , du folk et du planant finit de nous
conforter dans notre avis mitigé et déçu.