1 - Nameless
2 - Formutae
3 - I saw a prayer
4 - Serpent sky
5 - Always and forever
6 - Brother sleep
7 - Sinking
8 - 7th wave
9 - Half three
10 - Glimmer
11 - City
12 - Oiche mhalth
Sil
existait une école des rocks-critiques, les JJ72 feraient à
coup sûr lobjet dun cours magistral sur le thème
de "La maturation dun groupe mesurée à laune
de son deuxième album". Leur évolution sur les
deux années écoulées est en effet lexemple
frappant de ce qui peut arriver de mieux à un trio de surdoués
qui cultive son talent et préfère le labeur des studios
et tous les projecteurs de scène du monde aux sunlights des
plateaux télé.
Découverts un peu par hasard en 2000, sur la scène dune
Cigale encore à moitié vide, JJ72 faisait la première
partie de Coldplay
qui, à lépoque, nétait lui-même
quun groupe prometteur parmi dautres. Aussitôt entendus,
aussitôt repérés. Et leur album éponyme
déniché dès le lendemain confirmait limpression
laissée par leur set : si les petits cochons ne les mangeaient
pas, ces trois-là feraient parler deux.
Deux ans plus tard, la sortie de I to sky fait mieux, beaucoup mieux
même, que confirmer le pronostic de lépoque : il
stupéfie par ses qualités propres, par ce quil
contient de maîtrise et de maturité. Voix, guitares,
compositions, arrangements... tout dans cet album respire la plénitude
dun talent qui donne sa mesure.
Avec cet album, JJ72 montre quil a acquit le droit de prétendre
à la reconnaissance de ses pairs et du public. Il a dabord
un son qui lui appartient totalement, fait de guitares précises,
à la fois légères, denses et acides. Il a surtout
la voix de Mark Greaney, reconnaissable entre mille, merveilleusement
assumée dans ce registre nasillard qui nest pas sans
les rapprocher de Placebo. Mais un Placebo qui, sans rien renier de
son univers noir et réfractaire, aurait trouvé la recette
de la mélodie parfaite et efficace. Disons, un Placebo qui
aurait rencontré les Pretenders.
Car cest bien là que réside le "miracle"
de I to sky : dans le fait que chaque chanson vous fasse irrésistiblement
bondir de votre siège. Impossible dentendre I saw a prayer,
Half three, Glimmer ou Formulae, pour ne citer que celles-là,
sans sauter dans tous les sens. Impossible de ne pas ressentir, pour
chaque morceau, cette stimulation si caractéristique du cortex,
preuve absolue quil se passe quelque chose de rare ! Impossible
même dentendre une ballade comme Brother sleep sans en
redemander encore et encore...
Alors remercions du fond du cur Brian Molko et Chrissie Hynde,
bonnes fées évidentes de ce jeune groupe qui a réussi
la synthèse parfaite entre pop et rock indé. Sacré
bon boulot, les fées !