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     MuSiQueS
 
JJ72
I to sky
(Small Records - 2002)

1 - Nameless
2 - Formutae
3 - I saw a prayer
4 - Serpent sky
5 - Always and forever
6 - Brother sleep
7 - Sinking
8 - 7th wave
9 - Half three
10 - Glimmer
11 - City
12 - Oiche mhalth
S’il existait une école des rocks-critiques, les JJ72 feraient à coup sûr l’objet d’un cours magistral sur le thème de "La maturation d’un groupe mesurée à l’aune de son deuxième album". Leur évolution sur les deux années écoulées est en effet l’exemple frappant de ce qui peut arriver de mieux à un trio de surdoués qui cultive son talent et préfère le labeur des studios et tous les projecteurs de scène du monde aux sunlights des plateaux télé.

Découverts un peu par hasard en 2000, sur la scène d’une Cigale encore à moitié vide, JJ72 faisait la première partie de Coldplay qui, à l’époque, n’était lui-même qu’un groupe prometteur parmi d’autres. Aussitôt entendus, aussitôt repérés. Et leur album éponyme déniché dès le lendemain confirmait l’impression laissée par leur set : si les petits cochons ne les mangeaient pas, ces trois-là feraient parler d’eux.

Deux ans plus tard, la sortie de I to sky fait mieux, beaucoup mieux même, que confirmer le pronostic de l’époque : il stupéfie par ses qualités propres, par ce qu’il contient de maîtrise et de maturité. Voix, guitares, compositions, arrangements... tout dans cet album respire la plénitude d’un talent qui donne sa mesure.

Avec cet album, JJ72 montre qu’il a acquit le droit de prétendre à la reconnaissance de ses pairs et du public. Il a d’abord un son qui lui appartient totalement, fait de guitares précises, à la fois légères, denses et acides. Il a surtout la voix de Mark Greaney, reconnaissable entre mille, merveilleusement assumée dans ce registre nasillard qui n’est pas sans les rapprocher de Placebo. Mais un Placebo qui, sans rien renier de son univers noir et réfractaire, aurait trouvé la recette de la mélodie parfaite et efficace. Disons, un Placebo qui aurait rencontré les Pretenders.

Car c’est bien là que réside le "miracle" de I to sky : dans le fait que chaque chanson vous fasse irrésistiblement bondir de votre siège. Impossible d’entendre I saw a prayer, Half three, Glimmer ou Formulae, pour ne citer que celles-là, sans sauter dans tous les sens. Impossible de ne pas ressentir, pour chaque morceau, cette stimulation si caractéristique du cortex, preuve absolue qu’il se passe quelque chose de rare ! Impossible même d’entendre une ballade comme Brother sleep sans en redemander encore et encore...

Alors remercions du fond du cœur Brian Molko et Chrissie Hynde, bonnes fées évidentes de ce jeune groupe qui a réussi la synthèse parfaite entre pop et rock indé. Sacré bon boulot, les fées !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Novembre 2002
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