1. Sunrise
2. What am I to you ?
3. Those sweet words
4. Carnival town
5. In the morning
6. Be here to love me
7. Creepin' in
8. Toes
9. Humble me
10. Above ground
11. The long way home
12. The prettiest thing
13. Don't miss you at all
Son
premier album nous avait envoûté, elle revient
avec un disque sans âme. Si elle continue comme cela,
Norah Jones va bientôt chanter pour les dessins animés
des studios Disney.
Il y a deux ans, le chroniqueur ici présent avait écrit
un article élogieux concernant le premier album de Norah
Jones. Cet album jouissait du bouche-à-oreille, mais
n’avait pas encore connu le succès mondial qui
allait transformer une jeune artiste en idole.
Quinze millions d’albums vendus plus tard, Norah Jones
sort son second opus :Feels like home. Un album écrit
et composé avec le groupe qui l’accompagne depuis
ses débuts. Un album dont la presse nous dit qu’il
sonne plus country que le précédent.
Qu’on m’excuse, mais en ce qui me concerne, ce disque
ne sonne pas du tout. Il ne swingue pas, il ne chaloupe pas
! Il se traîne comme une tortue déprimée.
Voilà un album qu’on peut mettre dans les halls
d’aéroport, dans les ascenseurs.
De plus, et c’est peut-être le plus grave, aucun
titre ne s’inscrit dans notre mémoire. Ce pianotage
mou crée une ambiance où l’on peut manger
une pizza en regardant la télé, mais où
rien ne dépasse. À l'exception du dernier titre.
Cependant, la musique est de Duke Ellington et il faudrait être
balourd pour en faire une daube.
Norah Jones chante un duo avec Dolly Parton et l’on est
frappé par le fait que Dolly met plus d’âme
dans sa voix que Norah n’en glisse dans son piano ou dans
ses murmures.
Ses chansons sont ternes. Dans un entretien accordé aux
Inrockuptibles, il y a quinze jours, Norah Jones déclarait
qu’elle voulait faire de la musique inoffensive, jolie
à écouter et qu’elle avait écrit
des chansons où elle décrivait davantage ses émotions
mais elle les avait trouvées impudiques et ne les avait
pas incluses dans son album.
Comprenez vos admirateurs, Miss Jones, nous ne vous demandons
pas de montrer un sein comme Janet Jackson ou de tourner dans
un clip en mini-jupe et soutien-gorge apparent. Non, nous aimerions
juste apercevoir votre âme, votre Soul car nous pressentons
que vous êtes aussi belle à l’intérieur
qu’à l’extérieur.
Voilà pourquoi nos dents grincent en entendant ce brouet
que vous nous servez. On dirait une soupe cuite et recuite,
sans saveur.
Il faut aimer, souffrir, mourir et renaître pour créer,
pour être une artiste. Il faut se laisser aller et se
reprendre. Sinon, l’auditeur a l’impression qu’en
deux ans, l’artiste n’a plus rien à dire
et songe déjà à gagner sa croûte.
25 ans, n’est-ce pas un peu jeune pour donner l’impression
d’être en fin de parcours ?
Dans les rayons Jazz des disquaires, on peut trouver en import
un disque de cinq titres The Peter Malick Group, New York City.
La chanteuse a 20 ans, elle interprète des titres entre
pop et blues. Sa voix est libre, chaleureuse et prometteuse.
Nous sommes en 2000. Elle s’appelle Norah Jones et elle
n’est pas encore formatée.