1 - Don't know why
2 - Seven years
3 - Cold cold heart
4 - Feelin' the same way
5 - Come away with me
6 - Shoot the moon
7 - Turn me on
8 - Lonestar
9 - I' ve got to see you again
10 - Painter song
11 - One flight down
12 - Nightingale
13 - The long day is over
14 - The nearness of you
POUR
Il y a dabord la voix aux inflexions douces, au phrasé
souple. Une voix en harmonie avec la musique simple, sans fioritures.
Une collection de chansons qui se suffisent à elles-mêmes
et dans lesquelles linfluence Jazzy prédomine, soutenue
par le blues, la country ou la musique latino. Le tout forme quelque
chose dinimitable où éclate demblée
la personnalité de Norah Jones.
Ce disque est excellent dabord pour la plus simple des raisons
: vous lécoutez une première fois et vous vous
dites que cest drôlement sympa. Ensuite, vous le réécoutez
encore et encore et aucun signe de lassitude napparaît.
Vous cherchez à évoquer des noms qui seraient des points
de repère : Madeleine Peyroux, Diana
Krall, Fiona Apple,
Beverley Craven ? Pourquoi pas ? En même temps, Norah Jones
devient vite une référence elle-même et à
lécoute, on se rend compte quon se passe de références
comme un homme au pied foulé se passe de béquilles quand
il réapprend à marcher.
La jeune femme de 22 ans a déjà une histoire. Elle a
grandi au Texas (preuve que cet état peut donner mieux au monde
que George W. Bush et la peine de mort) et a poursuivi des études
musicales. Elle a fait le grand saut en arrivant à New York
à 19 ans. Elle a enregistré un album de 6 titres qui
a retenu lattention de musiciens tels Charlie Hunter ou de maisons
de disques plus importantes comme Blue Note, qui la signée.
La légende veut que Charlie Hunter lait convoquée
pour jouer sur son album une reprise de Roxy Music (More than this).
Elle est arrivée dans le studio, sest isolée pour
apprendre cette chanson et quand elle la jouée, elle
a complètement bouleversé lassistance.
Même sil peut sagir dune légende, elle
ne métonne pas. Au minimum, tous les titres de lalbum
nous touchent. Au maximum, certains titres deviennent tout de suite
une partie du panthéon intime de nos chansons préférées
(Dont know why, Come away with me, Ive got to see you
again).
Norah Jones apparaît dans la sélection de printemps des
Inrockuptibles. Ce journal compare lécriture de ses chansons
à celle de Joni Mitchell. Je connais beaucoup de débutantes
qui aimeraient bien être comparées à Joni Mitchell.
Enfin lalbum a les défauts de ses qualités : il
fait quarante-cinq minutes. Juste assez pour ne pas en être
rassasié et pour attendre le prochain, ou bien, ne rêvons
pas, la venue de la très jolie Norah dans notre vieille Europe.
À 22 ans, Norah Jones semble avoir tout pour elle. Citons dans
le désordre : un minois irrésistible, un contrat chez
le légendaire label Blue Note, une presse à ses pieds
(Vibrations, Les Inrockuptibles et France Inter en tête), et
Arif Mardin producteur au curriculum vitae impressionnant.
Pourtant, Come away with me loin d'être le chef d'uvre
annoncé, se révèle plutôt comme un sympathique
disque d'ambiance qu'on laisse tourner sans être dérangé.
Idéal pour faire ses petites activités domestiques (repassage,
épluchage, aspirateur ), pour la sieste ou la lecture,
cet agréable fond sonore pour journées perdues, plonge
s'il est consommé seul, l'auditeur dans un ennui profond tant
il est dépourvu d'émotion.
C'est d'ailleurs souvent le cas des albums "crossover" qui
en voulant séduire tout le monde finissent par n'avoir aucune
âme. Ce disque est surtout l'occasion de découvrir Jesse
Harris compositeur et guitariste de talent qui parvient de temps à
autre à nous réveiller.
On est à mille lieux de la magnifique Fiona
Apple ou de l'album Gling
Glö, petite curiosité pleine de malice et de vie
signée Björk.