1. Move over
2. Cry baby
3. A woman left lonely
4. Half moon
5. Buried alive in the blues
6. My baby
7. Me and Bobby McGee
8. Mercedes Benz
9. Trust me
10. Get it while you can
Dans
la série "rock stars à destin tragique" nous
nous pencherons aujourd’hui (période de soldes oblige)
sur un élément de ce qu’on a appelé "la
malédiction des 3 J". Jimi, Janis et Jim. Même âge
: 27 ans. Londres 18/09/70, Hollywood 04/10/70 et Paris 03/07/71.
Trois symboles psychédéliques, trois overdoses, trois
villes mythiques… A quelques mois d’intervalle la grande
faucheuse n’avait pas lésiné sur le recrutement.
Sacré sang neuf pour le Paradise Rock Blues Band !
Janis Lyn Joplin est née au Texas. Très vite attirée
par les accents du blues, elle s’y réfugie et se met
à le chanter avec passion et abandon. Dépressive, mal
dans sa peau, pas très belle (elle est gentiment élue
en 1963 "homme le plus laid du campus"), de bar en bar à
San Francisco, elle screame, fait des rencontres, devient vite marginale,
rebelle, junkie et alcoolique (adepte du bourbon Southern Comfort,
elle en éclatera une bouteille sur la tête de Jim Morrison
qui la harcèle). Mais sur scène, c’est une bombe
atomique, qui explosera (tout comme Jimi Hendrix) en 1967 au festival
pop de Monterey, au sein du groupe Big Brother And The Holding Company
avec lequel elle fera deux albums dont le fameux Cheap Thrills (1
million d’exemplaires en 1 mois !).
Totalement habitée, sans limite, la voix poussée jusqu’à
l’extrême, ruisselante d’émotion, Janis Joplin
est l’incarnation du blues-folk-rock dans ce qu’il a de
plus pur et de plus instinctif. Le mal être, la douleur, la
communion avec le public, le don de soi, l’absence totale de
calcul et d’artifice : c’est une pasionaria qui offre
son corps et son âme à la musique dans ce qu’elle
a de plus intimement humain. Son corps et son âme contre quoi
? Contre quelques éclairs d’amour intenses mais furtifs,
pour elle, l’homme le plus moche de la fac, dont les abus ont
continué de ravager le visage et les avants-bras… "Sur
scène, je fais l’amour à 25 000 personnes. Après,
je rentre à la maison, seule".
Fin 69, le succès (la gloire, dirons-nous, même) finit
par lui procurer un semblant de sérénité qu’elle
met à profit pour, d’une part, mettre la pédale
douce sur les stupéfiants et la bibine et d’autre part,
mieux choisir ses collaborateurs. Elle réunit en 1970 un combo
de vrais pros, The Full Tilt Boogie, son premier groupe à elle,
avec lequel elle part jouer tout l’été à
travers le Canada et les USA (dernière date, le 15 août
à Port-Arthur, sa ville natale…).
"Trouvez-moi un surnom qui me va bien" leur demande-t-elle.
"Ruby ? Rose ? Pearl ? Pearl !". Désormais, ses musiciens
et ses proches l’appelleront affectueusement Pearl. Everything’s
all right ! Et en plus, c’est Paul Rothchild, l’excellent
producteur des Doors, qui pilotera l’enregistrement du nouvel
album, qui démarre en septembre. Les échanges entre
Paul et Pearl seront riches. Pour la première fois, quelqu’un
prodigue à Janis des conseils artistiques : comment placer
sa voix, comment explorer d’autres registres… De nouvelles
perspectives, infinies, s’ouvrent. De son côté,
Rothchild est bouleversé par cette femme, par cette osmose,
par la force de ce qu’ils sont en train créer. Révélation
réciproque.
Le 1er octobre 1970, Joplin enregistre a capella l’amusant Mercedes
Benz dont elle a écrit les paroles (clin d’œil iconoclaste
: "Oh Seigneur, achetez-moi une Mercedes, mes amis roulent en
Porsche, je dois me rattraper…" Or, on sait que la miss
roulait en Porsche cabriolet - totalement repeinte avec des motifs
psychédéliques, d’ailleurs). Le morceau se termine
sur des rires. Ce sera son dernier enregistrement. Le 4 octobre 1970,
dans une chambre d’Hôtel d’Hollywood, on retrouvera
le corps sans vie de Janis Lyn Joplin, victime d’une ultime
injection d’héroïne trop pure.
La plupart des voix étant en boîte, le groupe et le producteur
savent que l’album doit quand même sortir. Car c’est
un monument. Et encore galvanisés par le bonheur des sessions
de septembre, ils travaillent sans relâche et réussissent
à mettre au point les 10 chansons qu’il n’était
pas question de sortir sous un autre nom que Pearl. Pearl, le plus
beau disque de Janis Joplin. Pour toutes ces raisons. Et pour toutes
celles que vous découvrirez en trempant vos oreilles dedans.
PS : vient de sortir une "Legacy Edition" pleine de bonus
+ un 2e CD avec un concert à Calgary le 4 juillet 70. Mon conseil
: ne vous éparpillez pas. Focalisez-vous déjà
sur les 10 titres originels.
Site : www.janis-joplin.fr
un site de fan française (plein d’infos… et des
photos de la Porsche !)