1. Beach party
2. Partons vite
3. J’irai mélanger les couleurs
4. Je reviens
5. Cherche des poux
6. Sur le cœur
7. Belle évidence
8. Greta
9. Club 35
10. Lila Huset
11. Fais semblant
12. J’insiste
Caché
dans l’ombre de Noir Désir et du succès de Luke,
Kaolin pourrait rencontrer le grand public grâce à un
troisième album très élégant et joliment
référentiel.
Depuis deux albums, le quatuor auvergnat n’arrivait pas à
s’arracher à la nébuleuse rock née dans
le sillage de la bande de Bertrand Cantat. Paroles angoissées,
guitares puissantes, rage électrique, Kaolin fut réduit
à ses quelques clichés.
En débutant son nouvel album avec une référence
appuyée au Unreleased Backgrounds du sublime Pet Sounds des
Beach Boys, le groupe montre qu’il veut fuir l’image qu’on
lui a donnée. Les guitares sont ciselées. Elles grondent
encore. Elles se dressent violemment, mais elles sont moins omniprésentes.
Les membres de Kaolin invitent cette fois ci leurs références.
Ils les assument parfaitement. Elles sont anglo-saxonnes. On pense
ici aux Beach Boys donc, à Neil Young ou à Mogwai. La
pop lumineuse (dont le printanier Partons vite) se conjugue avec un
rock hargneux, parfois grandiloquent.
Cependant la chanson la moins réussie, Greta, trop estampillée
rock français, se termine sur une bonne idée vocale.
C’est ce qui se remarque le plus dans cet album : il y a un
gros effort fait sur le chant. Kaolin redécouvre les joies
d’un simple "la la la" ou d’un ordinaire "whoo
whoo". Dans leurs meilleurs morceaux, Les Innocents remplacent
Noir Désir comme repère.
Plus que mélanger les couleurs, Kaolin a su mélanger
ses nombreuses références pour éviter un énième
disque de rock énervé sans saveur. Son aspect multiforme
transcende le genre : ce disque semble idéal pour toute humeur.
Qui a dit qu’il fallait se méfier des mélanges
?