1. Somewhere only we know
2. This is the last time
3. Bend and break
4. We might as well be strangers
5. Everybody's changing
6. Your eyes open
7. She has no time
8. Can't stop now
9. Sunshine
10. Untitled 1
11. Bedshaped
CANADA
DRY
Ils ont l'aspect de Coldplay, le goût de Coldplay (ou
peu s'en faut), mais ne sont pas Coldplay et l'on regrette que
pour son premier album, Keane ne soit pas en mesure de proposer
une œuvre plus originale…
Si en pédagogie la répétition est une vertu,
il n'en est pas forcément de même en musique. Or,
c'est bien de redite qu'il s'agit sur le premier album de Keane,
trio britannique virtuose. Je vous entends ricaner d'ici : "Pauvre
petit chroniqueur surmené… Comment peut-il reprocher
des redites à un groupe qui sort son premier album ?"
Mais parce que, justement, Hopes and fears ressemble furieusement
à un tas de disques écoutés avec passion
(et nous ne sommes pas les seuls, manifestement) ces dernières
années : Starsailor,
Travis,
Doves
et surtout, surtout Coldplay…
en version soft !
Croyez bien que ce genre d'amorce d'article m'est d'autant plus
douloureuse que, finalement, je trouve certaines qualités
à ce disque. Peut-être un peu sucré, certes,
mais porteur, souvent, d'une pop lyrique et inspirée
que l'on ne rencontre que rarement, a fortiori sur une première
tentative. Au point que j'ai longtemps cru que Somewhere only
we know, LE tube de Keane placé en ouverture, était
un titre de Chris Martin et sa bande !
Malheureusement, passé ce premier fait d'arme, la suite
ronronne un peu trop pour mériter plus qu'un accessit
technique. Dont acte, les compositions de Tom Chaplin, Tim Rice-Oxley
et Richard Hughes sont habiles et les voix sont posées
juste où il faut. Mais en contrepartie, il leur manque
ce je-ne-sais-quoi de rugosité, d'enthousiasme, de cœur…
L'absence de guitares au profit exclusif des claviers, peut-être...
Titre après titre, les mélodies interchangeables
se succèdent, toujours impeccablement exécutées,
mais sans que jamais l'étincelle soit au rendez-vous.
On sent bien ici et là que l'on n'est pas passé
loin de la réussite (Bend and break ou This is the last
time), mais l'ensemble s'assoupit vite pour se terminer en une
succession de balades mielleuses trop proches d'une production
"variété internationale" pour mériter
autre chose que des regrets…