1. Superstition
2. Cat claw
3. Pull a u
4. Kissy kissy
5. Fried my little brains
6. Gypsy death & you
7. Hand
8. Hitched
9. Black rooster
10. Wait
11. Fuck the people
12. Monkey 23
TUEURS
NES
Un homme et une femme pour le renouveau du rock. Pas de frime ni de
plan marketing, juste une sincérité et une urgence totale
pour créer un blues-rock qui a des racines et des tripes.
On nous a déjà tellement fait le coup du groupe pur
et dur qui va sauver le rock que l’on hésite forcément
à remettre le couvert avec The Kills. Et pourtant, il faut
bien reconnaître que ces deux-là ont quelque chose de
rare, une sorte de flamme, d’urgence que l’on retrouve
rarement.
Situons d’abord les personnages : ils sont deux (comme les White
Stripes), un gars et une fille (comme les White St…),
ils jouent un blues-rock agressif et pas propre sur lui (comme les
Wh…), mais la comparaison s’arrête là. Chez
les Kills, c’est la fille qui chante ! La fille, c’est
Alison Mosshart, alias VV, elle est Américaine et a une voix
qui tue (d’où le nom du groupe ?). Le gars est Anglais,
c’est Jamie Hince, Alias Hotel (?) et il tient la guitare. Et
je vous assure que si l’on fait abstraction de leurs pseudos
puérils, on a là une fameuse paire de… tueurs.
Descendants directs des vieux blueseux
Enregistré sur le 8-pistes des studios Toe-Rag de Londres (tiens,
comme le dernier "qui-vous-savez"), les plus rustiques du
monde civilisé, Keep on your mean side sonne comme l’album
urgent et brut qu’il est. Il n’y a rien de prémédité
ou d’organisé derrière The Kills. Pas de major
ni de site Internet, pas de limousine ni d’hôtel de luxe.
Juste un petit label londonien (Domino), des premières parties
de groupes honorables (The Libertines, Primal Scream) et le son limite
des prises directes de leur enregistrement. Du coup on reçoit
en pleine face et en plein cœur une sincérité et
un talent à vous coller au mur.
Des titres comme Cat claw, Kissy kissy, Fried my little brains ou
le monumental Black rooster les classent d’emblée dans
la catégorie des tout grands. Descendants directs de ces vieux
blueseux black qui grattaient leurs chansons sur des guitares hors
d’âge. On écoute cet album cent fois et, cent fois
on découvre de nouveaux plaisirs à sa simplicité
et son naturel absolus. Cent fois on apprécie la voix rageuse
de VV, cent fois on se délecte de l’entendre éructer
Fuck the people, cent fois on apprécie son rire d’enfant
en fin d’album, cent fois on aime que le disque se termine en
pente douce avec Monkey 23 et Gypsy death and you. Alors, vous faites
comme vous voulez, mais moi, je le remets une 101e fois sur la platine.