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     MuSiQueS
 
THE KILLS
Keep on your mean side
(FIS - 2003)

1. Superstition
2. Cat claw
3. Pull a u
4. Kissy kissy
5. Fried my little brains
6. Gypsy death & you
7. Hand
8. Hitched
9. Black rooster
10. Wait
11. Fuck the people
12. Monkey 23
TUEURS NES
Un homme et une femme pour le renouveau du rock. Pas de frime ni de plan marketing, juste une sincérité et une urgence totale pour créer un blues-rock qui a des racines et des tripes.


On nous a déjà tellement fait le coup du groupe pur et dur qui va sauver le rock que l’on hésite forcément à remettre le couvert avec The Kills. Et pourtant, il faut bien reconnaître que ces deux-là ont quelque chose de rare, une sorte de flamme, d’urgence que l’on retrouve rarement.

Situons d’abord les personnages : ils sont deux (comme les White Stripes), un gars et une fille (comme les White St…), ils jouent un blues-rock agressif et pas propre sur lui (comme les Wh…), mais la comparaison s’arrête là. Chez les Kills, c’est la fille qui chante ! La fille, c’est Alison Mosshart, alias VV, elle est Américaine et a une voix qui tue (d’où le nom du groupe ?). Le gars est Anglais, c’est Jamie Hince, Alias Hotel (?) et il tient la guitare. Et je vous assure que si l’on fait abstraction de leurs pseudos puérils, on a là une fameuse paire de… tueurs.

Descendants directs des vieux blueseux

Enregistré sur le 8-pistes des studios Toe-Rag de Londres (tiens, comme le dernier "qui-vous-savez"), les plus rustiques du monde civilisé, Keep on your mean side sonne comme l’album urgent et brut qu’il est. Il n’y a rien de prémédité ou d’organisé derrière The Kills. Pas de major ni de site Internet, pas de limousine ni d’hôtel de luxe. Juste un petit label londonien (Domino), des premières parties de groupes honorables (The Libertines, Primal Scream) et le son limite des prises directes de leur enregistrement. Du coup on reçoit en pleine face et en plein cœur une sincérité et un talent à vous coller au mur.

Des titres comme Cat claw, Kissy kissy, Fried my little brains ou le monumental Black rooster les classent d’emblée dans la catégorie des tout grands. Descendants directs de ces vieux blueseux black qui grattaient leurs chansons sur des guitares hors d’âge. On écoute cet album cent fois et, cent fois on découvre de nouveaux plaisirs à sa simplicité et son naturel absolus. Cent fois on apprécie la voix rageuse de VV, cent fois on se délecte de l’entendre éructer Fuck the people, cent fois on apprécie son rire d’enfant en fin d’album, cent fois on aime que le disque se termine en pente douce avec Monkey 23 et Gypsy death and you. Alors, vous faites comme vous voulez, mais moi, je le remets une 101e fois sur la platine.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Juin 2003
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