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     MuSiQueS
 
KINGS OF LEON
Youth and young manhood
(RCA – 2003)

1.Red morning light
2. Happy alone
3. Wasted time
4. Joe's head
5. Trani
6. California waiting
7. Spiral staircase
8. Molly's chambers
9. Genius
10. O dusty
11. Holy roller novocaine

ROIS DU SUD
La scène rock américaine ne se trouve pas seulement à New York ou Detroit. Le Sud profond sait aussi nous secouer. La preuve ? Kings Of Leon


À force de scruter trop obsessionnellement du côté de New York ou de Detroit les derniers enregistrements en cours ou à venir des Strokes ou des White Stripes, on avait fini par oublier que les Etats-Unis pouvaient aussi être ploucs et sudistes. C’est cette vérité fondamentale que les Kings Of Leon nous rappellent ces jours-ci avec leur décoiffant Youth and young manhood.

Les trois frères Followill et leur cousin viennent tout droit de Nashville (Tennessee) - on a connu des coins moins pétris de culture musicale - pour nous balancer leur rock rugueux et sans concession, leur rock aux cheveux longs et aux bottes boueuses.

Pas question de raffinement excessif avec la musique des Kings Of Leon, mais plutôt d’efficacité maximale et de chanson sacrément bien ficelées. On les imagine en studio balancer leurs morceaux longuement rôdés sur toutes les scènes de la région. La voix et l’interprétation de Caleb (le frangin chanteur) en témoignent : ils ont la rage de faire bien et fort. Sans se soucier de la mode et encore moins du reste du monde.

Une impression d’enregistrement live

Leur truc à eux, ce sont les Allman Brothers ou Creedence Clearwater Revival (même si l’on se demande encore pourquoi l’intro de California waiting a été repompée intégralement sur un vieux morceau de Blondie), cette musique qu’ils ont tant écoutée dans la caravane familiale et qui est venue se télescoper sur le tard avec le Velvet Underground et les Pixies.

Le résultat surprend à la première écoute par sa rugosité naturelle et son absence d’arrangements sophistiqués. Mais cette impression d’enregistrement live (ou presque) est plutôt salvatrice au milieu de la mièvrerie alambiquée d’une certaine pop branchée.

Du coup on devient rapidement accro aux rifs de guitare incisifs et de la voix rauque, chaleureuse, énervée… et juste, du chanteur. Les mélodies font rapidement leur chemin et l’on se repasse sans lassitude ce pur moment de naturel virtuose. Du nerveux Red morning light au bluesy Dusty, cet album est un concentré d’énergie qui recèle même un très beau morceau caché : Talihina sky.

Allez, même si ça me coûte, le conseil du jour va être assez simple : pour les Kings Of Leon (et pour eux seulement !), je vous autorise à devenir royaliste et à le faire savoir.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Septembre 2003

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