AERIEN
Maïs et betterave rouge : un titre en forme d’entrée
de cantine pour évoquer délicieusement l’époque
bénie où la pop mélodique avait si bon
goût.
Septième disque
D’après mes recherches, High Llamas serait le
nom de la montgolfière d’époque victorienne
qui illustrait la pochette du premier album solo de Sean O’Hagan.
Sean O’Hagan, le "leader créateur chanteur
guitariste compositeur arrangeur" des High Llamas, le
groupe, dont ce septième disque a lui aussi quelque
chose d’aérostatique dans son genre. Car tous
ces airs savamment chauffés avant d’être
délicatement pulsés dans vos oreilles engourdies
ont pour rapide effet de vous faire décoller pour une
douillette et planante ballade au-dessus des villes et des
campagnes. Pour peu, bien entendu, que vous sachiez encore
fermer les yeux et vous laisser aller quelques instants. 40
minutes très exactement. À peine une mi-temps
de football.
Septième ciel
Une section de cuivres. Une section de cordes. Une section
de chœurs. Un piano, des guitares et de très légères
percussions. De quoi envelopper avec art et manière
cette douzaine de morceaux aux mélodies finement ciselées,
chansons ou instrumentaux qui évoquent cette période
de la fin des années 60 comme si elle avait toujours
existé. Et c’est également cet impressionnant
travail d’emballage musical qui, en plus d’être
très agréable, est très intéressant.
Partant d’une chanson de belle nature, Sean O’Hagan
et ses compagnons fignolent, polissent, ajustent des orchestrations
riches et surprenantes tout autour jusqu’à ce
qu’elle s’envole comme un ballon coloré
dans le ciel.
Une leçon de musique
D’une prime impression de facilité d’écoute
(liée à la formidable légèreté
de l’ensemble), on doit passer bien vite à un
constat nettement plus juste : c’est là un magnifique
exercice de composition musicale qu’on nous sert. Exigeant
et poussé, regorgeant d’influences picorées
à la musique du XXe siècle dans sa globalité,
du classique au jazz, de la pop au folk, harmonieusement entrelacés,
habilement accommodés avec sensibilité, amour
et savoir faire. Comme une sorte de leçon, une master
class passionnante et intelligente qui élève
le corps et l’esprit vers autre chose que le simple
déjà entendu. Et maintenant, écoutez.
Roland Caduf
© Jowebzine.com - Décembre 2003
PS : on notera la dédicace à
Mary Hansen (Stereolabs) qui avait chanté sur ce disque
juste avant de mourir d’un stupide accident de vélo.
Sites :
www.highllamas.com, pas officiel mais tout comme…
Et bien sûr, www.tricatel.com,
un label indispensable, tellement cohérent dans sa
diversité!
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