LED
ZEPPELIN
How the West was won
(Warner Music - 2003)
CD1
1. LA drone
2. Immigrant song
3. Heartbreaker
4. Black dog
5. Over the hills and far away
6. Since I've been loving you
7. Stairway to heaven
8. Going to California
9. That's the way
10. Bron-yr-aur stomp
CD2
1. Dazed and confused
2. What is and what should never be
3. Dancing days
4. Moby dick
CD3
1. Whole lotta love
2. Rock and roll
3. The ocean
4. Bring it on home
HTWWW
En 3 CD live, Jimmy Page et sa bande nous offrent le disque d’une
carrière. Celui où se retrouve, intacte, la magie d’un
groupe mythique.
HTWWW ou, littéralement, comment l’Amérique a
capitulé (couché Georges W, couché !). Devant
qui, me direz-vous ? Quoi me paraît, en l’espèce,
plus approprié tant le groupe qui se produit à Los Angeles
à l’été 72, tient plus d’un monstre
du type Hydre de l’Herne (coupez une des 4 têtes et vous
verrez bien ce qu’il vous en coûtera…) ou d’une
Panzer Division sur les bords de la Volga que d’un quartet de
gentlemen farmers élevés aux jérémiades
bluesy si chères à Willie Dixon ou Robert Johnson.
Led Zeppelin, puisque c’est bien d’eux dont il s’agit
ici, n’est en effet déjà plus l’aimable
british band de 1968. Le groupe, à cette époque, est
en effet la plus grosse attraction du moment, représentant
à lui seul près du quart des ventes de sa maison de
disques (Atlantic Records) et enchaînant tournée sur
tournée aux USA (déjà la 8e en un peu plus de
3 ans). Il vient surtout de s’émanciper et d’échapper
au carcan facile du heavy blues dans lequel on s’apprêtait
à l’enfermer en sortant coup sur coup deux albums référence
à forte consonance folky et "countrysante" (Led Zep
III & IV). On ne peut certes pas encore parler de musique CIA
(comprenez Celtic-Indian-Arabic), comme aimeront plus tard la qualifier
Jimmy Page et Robert Plant, mais la voie est tracée…
Rareté, qualité et diversité
Alors, qu’attendre d’un album, triple de surcroît,
enregistré il y a plus de 30 ans par un groupe dont la carrière
s’est arrêtée nette, il y a près de 23 ans
? Quelles sont les raisons pouvant vous inciter à l’acheter
- procurer - copier - voler ?
Tout d’abord, la rareté : les sorties "officielles"
du groupe depuis sa séparation sont suffisamment rares pour
aiguiser la curiosité du plus Harpagon des acheteurs.
La qualité ensuite : la méticulosité et l’exigence
artistique quasi-maladive du sieur Page ont certes concouru à
réduire drastiquement les possibilités d’écouter
du matériel neuf (oubliez vite Coda et même les excellentes
BBC Sessions), mais l’attente en valait la peine. Le résultat
est tout bonnement EXTRAORDINAIRE : du choix des morceaux (seules
les meilleures prises des 2 concerts du LA Forum et du Long Beach
Arena prises à 48 heures d’intervalle ont trouvé
grâce ici) au mixage vous donnant tantôt l’impression
d’avoir l’oreille sur les fûts de Bonzo Bonham (Immigrant
song) ou bien sur le "double-manche" de Pagey durant Stairway
to heaven.
La variété enfin : de l’avalanche de plomb scandinave
et Vahallesque d’Immigrant song jusqu’à la reprise
échevelée et toute personnelle du bluesy Bring it on
home de Dixon, le dirigeable et ses membres d’équipage
auront eu tout le loisir au cours de ces quelques 2h30 de traversée
musicale de vous amener tour à tour aux sources mêmes
du heavy-rock (Heartbreaker, Black dog, Whole lotta love, Rock‘n’roll),
sur des plages plus apaisantes et nuancées (Going to California,
That’s the way, Bron-y-aur stomp), aux confins de champs "bleus"
cotonneux (Since I’ve been loving you, What is and what is and
what should never be), sur des côtes au relief plus aventureux
et progressif (Over the hills & far away, Dancing days, The ocean),
pour vous retrouver au final en territoire plus connu et hospitalier
(Stairway to heaven, Dazed & confused, Moby Dick).
Bref, vous l’aurez compris, vous tiendrez là un MUST.
Cet album vous fera oublier sans grande difficulté le tant
décrié The song remains the same et, si je devais singer
les compagnons de jeu du célèbre Duncan McLeod d’Highlander,
je dirai : "S’il ne doit en rester qu’un…"