DES
TUBES
Dans la boîte de Pandora, un paquet de références
pop-rock universelles.
La journée commence par un tube de Lou Reed que je connaissais
pas. Comment ça ? C’est pas une reprise de Lou Reed
? Ah bon, ben on aurait dit pourtant…
Et le morceau N°5, le début, on dirait bien Back in USSR,
non ? Et le N°6, est-ce que le George Harrison de All things
must pass aurait eu le culot de le renier ?
Un enfilade de tubes, qui sonnent comme des tubes des années
66/72, qui auraient été des tubes à l’époque,
mais qui sont en fait des morceaux originaux, d’une fraîcheur
absolue, servis par un groupe formidablement doué. La qualité
des mélodies est saisissante, les arrangements (cordes et
cuivres distillés avec soin et à propos) sont parfaitement
adaptés à un son sur base de guitare claire (amplis
à lampes ?), de batterie précise et de basse Hoffner
(la même que McCartney !). Et au chant : Pandora Burgess.
Un récipient
Petit rappel : dans la mythologie grecque, Pandore (qui se dispute
avec Eve et pas mal d’autres le titre de première femme
de l’humanité), se voit confier par Zeus un récipient,
avec interdiction de l’ouvrir (on peut se demander pourquoi
il lui a filé si c’est pour pas avoir le droit de l’ouvrir,
mais bon…). Alors bien sûr, et sans tarder, elle l’ouvre
quand même . Manque de pot, à l’intérieur,
il y avait ni plus ni moins que tous les maux de la terre, et en
dessous – dans le rôle de la pulpe d’Orangina
– l’espérance. Résultat : les maux (souffrance,
vieillesse, mort, maladie, mensonge, violence … la totale,
quoi…) se sont répandus partout et l’espérance
(comme on n’avait pas secoué avant) est restée
collée au fond.
Je pense que vous avez maintenant compris non seulement comment
mais aussi pourquoi on se retrouve dans une telle mouise à
présent, nous autres les êtres humains.
Une boîte
Dans la mythologie pop-rock, Pandora et son band de Leeds s’est
vue confier par les Beatles, les Byrds et plein d’autres une
boîte pleine de bonheurs musicaux, avec obligation de l’ouvrir
trente ans plus tard. Après avoir pris soin de bien secouer
au préalable. C’est ce mélange riche et homogène
qui se répand tout au long des 13 titres (+ un 14ème
en forme de bœuf caché au bout du disque) d’un
24 hours qui enchantera les amateurs de pop mélodique anglaise
à la française (car The Leeds est un groupe français,
produit et enregistré par le très intéressant
label toulousain Elp ! Records dont le catalogue contient, entre
autres, le formidable Somewhere there’s magic de Novela chroniqué
ici même il y a quelques mois).
Quant à ceux qui ne connaîtraient pas encore cette
période bénie de la musique à laquelle il est
fait ici référence, vous avez avec ces 24 Hours une
occasion rêvée d’y entrer à rebours.
Roland Caduf
© Jowebzine.com – Octobre 2003
Site : www.elp-records.fr.st
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