1. Dead meat
2. Wait for me
3. Parachute
4. Friendly fire
5. Spectacle
6. Tomorrow
7. On again, off again
8. Headlights
9. Would I be the one
10. Falling out of love
Huit
ans après Into the sun, Sean Lennon revient sur le devant de
la scène avec Friendly fire, second album solo sans génie
mais bien plus abouti que son prédécesseur.
On pouvait reprocher à Into the sun son aspect bricolé,
on parle aussi de pop Lo-Fi, ainsi que la dispersion de son auteur
dans des styles pas toujours concluants. Sur ce premier album se croisaient,
expériences jazzy avec Photosynthesis, la pop patchwork de
Pavement avec Mystery juice ou encore la bossa avec le très
jolie Into the sun. Mais plus que cette dispersion musicale, c’était
le filet de voix fragile et parfois nasillard du jeune songwriter
qui dérangeait le plus.
Sur Friendly fire, Sean Lennon a particulièrement soigné
la production de sa voix n’hésitant pas à ajouter
des couches de chœurs pour épauler ses frêles dispositions
vocales. Plus important, Sean a veillé à ne pas s’aventurer
dans les parties du spectre où sa voix est particulièrement
désagréable.
Du côté des compositions, l’ombre des Beatles plane
sur ce nouvel album. Contrairement à l’époque
de Into the sun, Sean Lennon assume avec une certaine élégance,
son héritage pop, offrant des titres qui, sans révolutionner
ce style, procurent leur lot d’émotions. Fidèle
à l’humeur de sa génération, le ton général
de ce nouvel album reste mélancolique sans toutefois atteindre
les "pics dépressifs" de Coldplay et Radiohead. Ainsi,
certaines chansons telle que Dead meat, mais surtout Parachute, pourraient
être utilisées comme bande son d’une quelconque
comédie sentimentale surannée où se croiseraient
Hugh Grant et Andy McDowell.
Artisan pop cultivé, Sean Lennon s’inscrit par moment
dans la lignée d’un Paul McCartney, comme sur Falling
out of love qui, telle les grandes ballades au piano de l’ex
Beatles (de Let it be à Anyway en passant par C’mon people),
est placée en fin d’album. Bien sûr, on pense aussi
parfois à John Lennon comme sur Spectacle où les discrets
"gently weeps" des guitares font écho à ceux
employés sur l’album Mind games. Mais d’autres
influences de pop classique sont intelligemment disséminées
tout au long de l’album. Ainsi le phrasé de Headlights
est en parti repris sur celui employé par Love sur The red
telephone. De son côté Would I be the one de Marc Bolan
est un très bel hommage adressé à l’icône
du glam-rock.
Enfin, on notera l’excellent travail de Matt Chamberlain, batteur
des deux premiers albums de Fiona Apple et fidèle "associé"
de Jon Brion, également présent sur quelques titres.
Sur cet album, Matt Chamberlain a su reproduire, sans tomber dans
la caricature à la Oasis, certains breaks et figures rythmiques
du formidable Ringo Starr, sans doute le batteur le plus connu, copié,
mais aussi le plus mésestimé du rock !
Bel album de pop automnal, Friendly fire est à la fois "raisonnablement"
mélancolique pour convenir à l’humeur de son époque
et suffisamment bien ficelé pour que l’on y revienne
une fois la saison passée.