THE
LIBERTINES
The Libertines
(Rough Trade – 2004)
1. Can't stand me now
2. Last post on the bugle
3. Don't be shy
4. The man who would be king
5. Music when the lights go out
6. Narcissist
7. The ha ha wall
8. Arbiet macht frei
9. Campaign of hate
10. What Katie did
11. Tomblands
12. The saga
13. Road to ruin
14. What became of the likely lads
Après
un premier opus urgent et punk, revoilà les sauveurs
du rock sur le devant de la scène avec un disque moins
punk, plus rock que son prédécesseur… mais
tout aussi indispensable.
Ils devaient être la réponse anglaise aux Strokes
et aux White Stripes, ce rock d’outre-atlantique qui s’attaquait
de belle manière aux charts mondiaux. Le temps d’un
premier album, Up the bracket, les Libertines avaient été
bien plus que ça : ils avaient relégués
les groupes pré-cités au doux rôle de suiveur.
Up the bracket était ni plus ni moins une bombe punk-rock
parfaitement maîtrisé, aux influences parfaitement
revendiquées et digérées (entre autres
Clash, Wire et autres Jam), produit par un ex-membre de la bande
à Joe Strummer (Mick Jones) et mené de main de
maîtres par un duo de songwriters complètement
déjanté et quelque peu accro aux substances illicites.
Un second opus mircaculeux
Après un Ep ravageur (l’excellentissime Don’t
look back into the sun sorti en 2003), revoilà notre
quatuor avec un nouvel album, le bien nommé Libertines.
Et pourtant, on a cru longtemps que ce disque ne verrait pas
le jour : les deux meilleurs amis du monde ne l’étaient
plus vraiment (Pete Doherty cambriolant Carl Barat), la drogue,
présente depuis le début dans le groupe, faisait
tourner la tête de Pete, enchaînant cure de désintoxication
sur cure de désintoxication, etc.
C’est presque par miracle que le groupe a réussi
à se retrouver quelques jours, histoire d’enregistrer
un second opus qui devrait suivre le même chemin que son
prédécesseur.
Aux manettes, toujours Mick Jones, premier fan du groupe et
qui donne une véritable âme (et un son unique)
au groupe. Car Barat et Doherty sont toujours au chant et à
l’écriture. Mais ils ont décidé de
régler leurs comptes. En chansons. Ils reviennent en
quatorze titres (plus une hidden tracks, France, balade belle
à pleurer) sur leur histoire des derniers mois. Et s’envoient
tout à la figure.
Tout commence par le furieux, mais tubesque, Can’t stand
me now (qui concurrence sévèrement le Take me
out des Franz Ferdinand pour le tube de l’année),
où les voix de nos deux protagonistes se répondent
magiquement.
Suivent deux titres plus anodins (dont le plutôt raté
Don’t be shy) avant d’attaquer le gros du disque.
De The man who would be king à What became of the likely
lads, tout y passe en 11 titres à la fois furieusement
pop, rock et punk-rock.
Et puis il y a ces deux titres enregistrés lors de ces
fameuses Sessions Nantaises, enchaînés sur le disque,
Narcissist et Ha ha wall, qui rappellent les meilleurs heures
de Up the bracket.
Les guitares riffent leur désespoir, Gary Powell prouve
qu’il est un des meilleurs batteurs anglais du moment
(ces roulements sur Arbeit macht frei !), et Mick Jones enregistre
tout cela en live (quelques prises pour chaque morceau)
Comme pour le premier album, les références et
les clins d’œils sont évidents : Wire, les
Clash, les Jam… Nos deux amis connaissent l’histoire
de la musique sur le bout des doigts. Et l’assènent
sans coup férir à l’auditeur qui ne peut
rien faire d’autre que d’être subjugué.
Un disque déjà culte ?
Ce disque est une bombe, une galette comme il en arrive peu
en une année. Forcément importantissime pour 2004,
obligatoirement indémodable. Et même peut-être
déjà mythique. Après de nombreuses cures
de désintoxication, Pete Doherty est retombé dans
ses travers d’héroïnomane, Carl Barat l’a
exclu du groupe pour le moment. Un groupe au bord de l’implosion
tout simplement, dont ce disque sera peut-être le testament.
Prions pour qu’il y ait un troisième opus qui vienne
définitivement installer le groupe dans le hall of fame
du rock mondial. Car dans nos cœurs et dans nos veines,
cela est déjà fait.
NB1 : Lors d’un concert à Angers,
deux membres d’un petit label français de punk
ont enregistré avec le groupe un Ep de cinq titres furieusement
rock. Le label (Rough Trade) et le distributeur (PIAS) n’étant
pas au courant et n’ayant rien signé, le disque
(pourtant enregistré) n’a jamais été
commercialisé. Et reste comme un des enregistrements
les plus recherchés et les plus mythiques du rock de
ces vingt dernières années.
NB2 : Cette semaine, à 18h30 sur Canal
+, les Libertines sont en live, tous les soirs de la semaine.
A ne pas rater.