1. Vieil ami
2. Les hommes me vont si bien
3. Dites au prince charmant
4. Le même sourire
5. Light
6. Attend ou va-t’en
7. La fin du monde
8. Dans les bras d’un enfant
9. L’âge des saisons
10. Hall de gare
11. L’étendue des dégâts
12. Mon bébé
La
tête de ma femme quand elle a vu un disque de Lio dans mes mains
! C’est le Jo de Jowebzine qui m’avait mis au parfum :
"Tu sais qui est-ce qui a écrit les musiques du dernier
album de Lio ? Peter von Poehl !".
Et Peter, on l’adore. Depuis les AS
Dragon d’avec Bertrand. Depuis l’album et la tournée
de Doriand. Depuis Going
where the tee trees are, sa chanson magique. Depuis ses concerts
intimistes et recueillis. Et puis on a passé du temps avec
lui à l’occasion du mythique concert de Burgalat à
l’Agora du Havre - dont notre site était l’heureux
instigateur. Bref : Peter a composé, produit et enregistré
le disque de Lio, alors j’achète le disque de Lio. C’est
comme ça et puis c’est tout.
De toute façon, j’ai toujours eu une certaine tendresse
pour cette fille, certes souvent hystérique sur les plateaux
télés, au parcours un peu chaotique (25 ans de carrière
quand même, depuis sa banane de 79 !), médiatiquement
surexposée (ses aventures, ses grossesses, ses cocards…),
mais dont l’énergie, l’humour, l’enthousiasme
et le cœur attirent le respect et la sympathie. D’autant
qu’artistiquement parlant, si elle a eu des bas mémorables
(inévitable : quand on touche trop à tout on finit par
casser des trucs), ceux-ci sont allègrement contrebalancés
par des hauts notables (plusieurs de ses dix albums et puis Plus je
t’embrasse, quelle jolie chanson ! Ses excellentes prestations
cinématographiques, Prévert en disque et au théâtre
etc…).
Ceci étant, ces dernières années, musicalement,
on peut parler de vaches maigres. Ses derniers albums, il avait déjà
fallu qu’elle se batte comme une folle pour réussir à
les sortir. Ah oui, des compilations de ses anciens succès,
elles en voulaient bien les maisons de disques, mais du neuf…
Déjà éprouvée sur le plan personnel, épuisée
(seule avec six enfants à la maison), désillusionnée,
Lio est près de renoncer à la chanson. Et c’est
sa petite (enfin, par l’âge… pas par la taille)
sœur Héléna
(Nogueira) qui lui fera reprendre goût à la chose, en
lui présentant deux bons petits gars sans a priori, pleins
de talents et d’envie : Doriand (France) et Peter Von Poehl
(Suède). A l’issue d’une lente maturation (cinq
ans !), dotée d’un budget plus que serré, enrichie
d’apports extérieurs de renom (Jacques Duvall, Joseph
Racaille, Jay Alanski et même une chanson inconnue de Serge
Gainsbourg) entre Paris, Malmö et Berlin, cette œuvre vient
finalement de voir le jour et elle est épatante !
Ambiance uniformément calme, feutrée, intime. Nid musical
d’une finesse et d’une délicatesse toutes von-poehliennes.
Arrangements subtils et acoustiques. Lio chante merveilleusement bien.
Sa voix, magnifique dans les graves, interprète avec bonheur
et intensité des paroles touchantes sur un fil conducteur unique
: la déclinaison de la douleur de l’amour sans issue
et du plaisir d’en être enfin convaincue. Un véritable
moment de grâce, attachant et émouvant.
Un très beau disque ma chérie, écoute, tu vas
aimer…
"Dites au prince Charmant
Que je suis partie sur son cheval blanc
Vivre ma vie
Dites-lui,
Merci mais j’ai déjà beaucoup d’enfants…"