AFFAIRE
CLASSEE
Un album un peu oublié d’un groupe français
sans doute mésestimé. L’Affaire Louis Trio
mérite de ne pas tomber dans l’oubli, même
si Mobilis in mobile n’est sa meilleur disque.
C’est en me baladant dans mon supermarché que
je suis tombé sur cet album de l’Affaire Louis
Trio, groupe pop français tristement oublié
par le Dictionnaire du Rock de Assayas, mais visiblement aussi
du public au vu des faibles ventes de ses derniers disques.
D’ailleurs, je peux honteusement avouer ici que c’est
le modeste prix du disque (environ de 4 euros !), plus que
l’espoir de découvrir de belles chansons pop,
autres que les trois superbes morceaux déjà
présents sur la compilation posthume (Le capitaine,
Mobilis in mobile et Loin), qui m’a finalement convaincu
d’acheter ce disque. Un triste réflexe de complétiste
en somme.
Certes, il est vrai que j’avais déjà
eu l’occasion de voir l’Affaire Louis Trio sur
scène au Théâtre Juliobona de Lillebonne
lors de la dernière tournée du groupe. Or, l’option
volontairement plus rock et une balance trop forte qui paralysait
une audience peu concernée et déjà très
clairsemée, avaient un peu refroidi mon intérêt
pour l’ALT.
Malheureusement, après plusieurs écoutes de
rattrapage de l’album Mobilis in mobile, mon sentiment
vis à vis du groupe n’a pas véritablement
changé.
Principal reproche, dix sept morceaux s’avèrent
être beaucoup trop pour les frêles épaules
de Hubert Mounier alias Cleet Boris et, ce, bien qu’il
soit épaulé sur deux chansons par son frère
(Vers des jours meilleurs et Les éléphants sont
contagieux). Sur la longueur Hubert Mounier, par ailleurs
excellent chanteur et compositeur de quelques classiques de
la chanson française, laisse dangereusement apparaître
ses failles de parolier médiocre et de mélodiste
peu inspiré. Certes, quelques bonnes surprises nous
maintiennent éveillées (Le soleil est là,
Les filles de la chance, ...), mais dix ans après sa
sortie, Mobilis in mobile ne parvient pas à convaincre
vraiment. Beaucoup moins que L’homme aux mille vies
paru deux ans plus tard, qui semble, pour tous ceux qui veulent
s’offrir un disque du groupe, constituer le sommet artistique
dans la carrière de l’ALT.
Au final, malgré les comparaisons avec les Beatles,
l’ALT était plus proche des Wings que du groupe
de Liverpool. Des Wings avec un McCartney malheureusement
trop souvent absent.
Guillaume Lebouis
© Jowebzine.com - Novembre 2003
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