1. Lucrezia Borgia waltz
2. Hombres machos
3. Valhalla
4. Hesperian express
5. Absinthe on a bicycle
6. Aluminum lady
7. King’s triad
8. Fountain of the world
9. 144,000
10. Oh sore sore song
Luther
Hawkins et Toby Dammit nous embarquent dans une expérience
artistique surréaliste, mystérieuse, diabolique
et absolument fascinante !
Brillant, romantique, sombre, déphasé, décadent,
effrayant, excitant, fantaisiste, planant, envoûtant,
satanique, délirant… Ceci n’est pas un disque.
C’est une ambiance, un concept, une œuvre d’art
à part entière.
A commencer par cette peinture originale sur la jaquette, signée
des frères Clayton : entre art naïf et surréalisme,
elle évoque le douanier Rousseau dans un registre cauchemardesque,
crépusculaire, fourmillant de symboles… avec Luther
au piano ici, Toby et son chapeau là-bas, dans l’ombre…
Brrrr…
Quand on ouvre la pochette, ce sont de non moins inquiétantes
photos - signées William Mortenson - qui apparaissent
: des femmes dénudées (façon cartes postales
érotiques des années folles) matées par
une sorte de Méphistophélès couronné
et barbichu, dans une froide ambiance noir et blanc années
30… Aargh…
Quant au livret, signé Michael Criley, dont les collages
d’inspiration début de siècle évoquent
les plages du disque, il est aussi fascinant que suranné,
étrange que débridé, avec une petite odeur
de grenier et de naphtaline qui intrigue… Mmmmh…
Musique !
Roulades de caisse claire, cymbales et orgue Hammond entament
une valse sourde, mélodique et cadencée, idéale
pour faire danser les fantômes dans les ballrooms du purgatoire.
Et on enchaîne sur une sorte de jerk dans la même
formation, qui visite les années 50, 60, 70, 80, ponctué
de cris et soutenu par une rythmique virtuose et endiablée.
Ainsi vont s’enchaîner ces jubilatoires duos décalés
à base de percussions (batterie, glockenspiel, gongs,
marimba…) et de claviers (Hammond, Wurlitzer, Clavinet,
piano Pétrof…). Venus de nulle part et allant on
ne sait où, ils vont exprimer tour à tour ou en
même temps, le jazz, l’orient, le ringard, la pop
musique, le tribal, l’électro, l’expérimental,
le psychédélique avec une grâce et une virtuosité
trempées dans les sombres ambiances des films d’horreur
à la Murnau.
On est déstabilisé, tous les repères ont
sauté et tout à coup, c’est une sorte de
gymnopédie totalement épurée (on pense
au film Diva) qui nous rattrape, au grand piano ! Le temps d’une
absinthe à vélo et d’une femme aluminée
et, c’est reparti : l’orgue Hammond et son son de
patinoire a ré-embrayé pour une sorte de blues
forain complètement hallucinant. Et puis retour à
l’Erik-satirie, longue bruine mélancolique qui
s’échappe de la fontaine du monde… Les près
de 9 minutes du pénultième sont, elles, plus proche
de Luciano Berio, c’est à dire quasi inaudibles…
et on termine sur une sorte de chant d’ivrognes au lointain
tout aussi inattendu que le reste…
Un voyage expérimental inoubliable au pays effrayant
d’une musique inclassable, libre, inventive et totalement
habitée. Génial !
Malheureusement pas encore distribué en France, vous
devrez aller chercher cet improbable objet en ligne sur le site
du label www.hit-thing.de ; on le trouve aussi sur Amazon.
Sites :
- Pour faire un tour dans l’univers de l’incroyable
percussionniste Toby Dammit www.tobydammit.com
- Pour jeter un œil aux peintures "folk art surréaliste"
de Rob et Christian Clayton www.claytonbrothers.com
- Pour jeter un œil aux splendides photos années
30 de William Mortenson www.thescreamonline.com