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     MuSiQueS
 
JOHNNY MARR + THE HEALERS
Boomslang
(I-Music - 2003)

1.The Last Ride
2. Caught Up
3. Down On The Corner
4. Need It
5. You Are The Magic
6. InBetweens
7. Another Day
8. Headland
9. Long Gone
10. Something To Shout About
11. Bangin' On
Dans les arts comme dans le sport, il est des situations difficiles à vivre pour les fans de toujours. Je veux parler de ces périodes, toujours trop longues, souvent pathétiques, qui précèdent la décision de la star de se retirer définitivement. Même si à 40 ans, Michael Jordan continue de survoler de la tête et des épaules une NBA gavée aux anabolisants, il ne ressemble plus que de (très) loin à His Airness des années 90. Dans la catégorie guitar-hero et compositeur de génie, Johnny Marr a également évolué, en son temps, dans une dream team : les Smiths. Mieux, il en a été la moitié vitale, celle sans laquelle rien n’est possible de la même manière.

Pourtant les Smiths ne sont plus, Morrissey vit sur sa gloire passée... et Johnny Marr se débat avec frénésie pour tenter de rappeler qu’il existe et qu’il a encore du talent. Alors on trouve son nom dans les rubriques diverses du microcosme musical. Ici comme successeur potentiel de graham Coxon à la guitare de Blur, là comme musicien de studio d’Oasis ou des Pet Shop Boys, plus loin dans un duo pop (Electronic) avec Bernard Sumner, son vieux copain de New Order.

Dernier avatar de cette recherche désespérée du retour en grâce, la constitution d’un groupe d’opportunité et la sortie d’un nouvel album. Le groupe c’est The Healers, composé de l'ancien bassiste de Kula Shaker, Alonza Bevan, et du batteur Zak Starkey, le fils de Ringo Starr (et batteur en titre des Who), Johnny Marr se chargeant de la guitare (c’est bien le moins) et du chant...

Malheureusement, le génie qui habitait ce compositeur hors paire semble avoir définitivement choisit un autre cheval. Non que Boomslang soit un mauvais album dans l’absolu, mais ce que l’on pardonne à un nouveau groupe exorcisant ses racines est difficile à admettre venant d’un "maître" chevronné. Entre mélodies pesantes (The last ride, In Betweens, Long gone, Something to shout about...) et absence de flamme, les 11 titres de l’album finissent par se noyer dans une sorte de bouillie indigeste à la production sans finesse, sorte de sous-Oasis tristounet et peu convaincu(quant).

En mémoire du temps passé, on sauvera deux chansons (Caught up et Need it) et l’on rangera ce CD aussi loin que possible de ceux des Smiths, moins par crainte de la contagion que de la comparaison !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Mars 2003
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