FABIEN MARTIN
Comme un seul homme
(Universal Music - 2006)
1. Toute une vie
2. Je ne suis pas celui que tu crois
3. 1936
4. La soif d’aimer
5. Paris gangster
6. Indélébiles
7. Trottoirs de l’Elysée Palace
8. La grande aventure
9. Desert on fire (le chant des dunes)
10. C’était longtemps avant la guerre
11. Bamiléké
Fabien
Martin nous présente son deuxième album, un ensemble
de titres très variés au carrefour de différents
mondes.
Depuis son premier album, Ever
Everest, Fabien Martin a fait du chemin. Participation à
On dirait Nino (album
hommage à Nino Ferrer), Festival des Francofolies, Alors Chante
à Montauban, Onze Bouge à Paris, un concert à
la Cigale et un prévu en 2007 au Bataclan pour la sortie de
ce deuxième album.
À la première écoute, on se dit que Fabien essaye
un peu de tout et sait tout faire ! On reconnaîtrait des intonations
de voix à la Polnareff, des paroles à la Souchon, des
structures de chanson proches de Java (début de Paris gangster),
des inspirations très différentes, mais pourquoi s’en
priver puisque ça fonctionne !
L’album s’ouvre sur Toute une vie, une chanson au refrain
légèrement entêtant, avec des chœurs dignes
des plus grands tubes des sixties. Ces chœurs et ces deuxièmes
voix à la tierce ou à l’octave parsemées
tout au long de l’album et qu’on ressent comme une volonté
de partage et d’ouverture, avec une organisation musicale des
voix allant de Léonard Cohen à Michel Polnareff. On
sent que les concerts vont être un réel échange
avec le public. Tout semble fait pour l’attirer dans des mélodies
simples et efficaces qu’il pourra répéter ad æternam.
En même temps, cette volonté fédératrice
n’empêche pas la sincérité de Fabien ; cette
"sixties-pop" à la française ose passer d’un
titre très fédérateur comme Toute une vie à
la mise en poèmes d’auteurs comme Paul-Jean Toulet dans
Trottoir de l’Elysée-Palace et C’était longtemps
avant la guerre. Et c’est là qu’est le mérite
de cet album qui se laisse écouter agréablement avec
des ambiances multiples.
Ce qui caractérise cet album est la faculté à
digérer toutes ces inspirations pour mieux les dépasser,
les transformer. Se les approprier et les façonner avec sa
patte. Fabien comme un point de rencontres entre des réseaux
culturels et des références différentes. - Tiens
! Il y a Alexandre Léauthaud à l’accordéon,
déjà présent sur le premier album, qui joue aussi
avec Tom Poisson. Plus
loin, on se retrouve en terre africaine (Bamiléké) au
son d’un proverbe camerounais ou encore dans un univers de western
dans Desert on fire. – Tiens ! Il y a aussi Ruby et Brune avec
qui Fabien Martin s’offre un clin d’œil à
Ennio Morricone sur un tandem sifflet/guitare électrique bien
efficace. On s’arrête également dans la capitale
avec Paris gangster et le mix d’un extrait du film Casque d’or.
Un cinéma présent dans de nombreux titres dont Indélébiles.
Comme un seul homme est un album où on sent un grand nombre
de références culturelles, toutes orientées vers
une création musicale loin des préoccupations souvent
égocentriques de certains chanteurs actuels, emprisonnés
dans leur mal-être. Et ça, ça fait du bien ! "Dieu
n’a fait qu’ébaucher l’homme, c’est
sur Terre que chacun se crée" dit le proverbe camerounais
de la chanson Bamiléké. Fabien Martin et son équipe
nous ont créé un album melting-pot. On serait tenté
d’ajouter que c’est avec chacun que Fabien Martin, à
la croisée des chemins, s’est créé. Mais
n’ayons pas de doute : c’est lui ! À aller voir
en concert donc !