| Quatre
ans après l’excellent Flowers in the dirt, McCartney
sortait Off the ground, disque au son moins sophistiqué que
son prédécesseur, rempli de titres accrocheurs taillés
pour sa nouvelle tournée mondiale.
Si Off the ground n’a pas rencontré le succès
attendu, à l’image de son premier single Hope of deliverance,
véritable tube en puissance boudé à peu près
partout sauf en Allemagne, il n’en reste pas moins que dix
ans après sa sortie Off the Ground reste un album très
agréable, situé dans la bonne moyenne des productions
de son auteur.
A
pile ou face ?
Côté pile, les tics de « cucuteries » et
de manque de discernement à peu près visibles dans
toute la carrière solo de McCartney, sont ici bien présents.
Ainsi les morceaux anecdotiques comme le rock Get out of my way
ou le très lourd Looking for changes côtoient des brouillons
de chansons à l’image de Winedark open sea à
la mélodie intéressante mais victime d’une production
austère, bien caractéristique de l’humeur «
ça le fait » d’un Paul qui oublie trop souvent
que ses accompagnateurs aussi illustres soient-ils ne sont plus
les fabuleux Beatles et que parfois, un peu plus de soin apporté
à une structure ou à un arrangement seraient les bien
venus. Ceci est d’autant plus énervant que les maxis
de l’époque recelaient avec Kicked around no more et
Down to the river, deux faces B excellentes largement supérieures
aux morceaux évoqués plus haut.
Un
petit goût de déjà vu…
Plus rare, Off the ground contient avec la très belle ballade
Golden earth girl, le seul véritable exemple d’auto
plagiat dans toute la carrière de McCartney. Malgré
ses qualités, qui auraient pu faire de ce titre un très
bon single, Golden earth girl est mélodiquement trop proche
de la chanson Warm and beautiful que l’on peut entendre sur
Wings at the speed of sound sorti en 1976.
Côté déceptions toujours, on peut regretter
que le refrain de I owe it all to you soit indigne de l’auteur
de Here there and everywhere» et que les deux morceaux cosignés
avec Elvis Costello ( Mistress and maid et The lovers that never
were) soient nettement en dessous d’un My brave face.
…
source d’inspiration
Côté face, quatre titres se détachent nettement.
Ces chansons ont d’ailleurs été abondamment
jouées durant la tournée The new world tour de 1993,
sans pour autant faire taches au sein de l’illustre set list
de l’ancien Beatles. En étaient-ils autant des titres
de Driving rain joués lors de la dernière tournée
de McCartney ?
Si un titre aussi évident que Hope of Deliverance n’a
pas remporté le succès escompté, on peut supposer
que sa production chaleureuse qui met en avant de délicieuses
guitares acoustiques a pu influencer un retour à la simplicité
chez de nombreux artistes. Aussi, et même s’il ne s’agit
que de spéculations, on peut imaginer qu’ Alain Souchon
a pu entendre Hope of Deliverance avant d’enregistrer Foule
Sentimentale...
Un album à(re)découvrir
Produit dans le même esprit, des titres comme Biker like an
Icon et Peace in the neighbourhood sont d’excellentes chansons
qui mériteraient une diffusion plus large que celle du cercle
restreint des fans.
Enfin,
et même si on peut reprocher à McCartney d’avoir
fait débuter son refrain un peu trop tôt ne laissant
pas la mélodie du couplet s’installer, la chanson C’mon
people qui clôt l’album, est une merveilleuse ballade
pleine d’émotion et de vie.
De
quoi laisser de l’espoir aux fans les plus inquiets ou séduire
un public plus large peu conscient des perles cachées dans
l’œuvre de l’ancien Beatles.
Guillaume Lebouis
© Jowebzine.com - Septembre 2003
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