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     MuSiQueS
 
MERCURY REV
The secret migration
(V2 - 2005)

1. Secret for a song
2. Across yer ocean
3. Diamonds
4. Black forest
5. Vermillion
6. In the wilderness
7. In a funny way
8. My love
9. Moving on
10. The climbing rose
11. Arise
12. First-time mother's joy
13. Down poured the heavens
Sixième album de Mercury Rev. Mais, malgré de belles compositions, sans doute pas le meilleur du groupe, en grande partie pour cause de production grandiloquente.


Trois ans qu'on l'attendait. Trois ans que l'on guettait le successeur de All is dream paru le… 11 septembre 2001. Avec une petite pointe d'angoisse géopolitique (forcément) et un gros questionnement musical : quelle direction allait prendre le quatuor des Castkills Hills (Etat de New York) ? Premier élément de réponse : une pochette hideuse, psychédélique en diable, ornant de grands yeux inquisiteurs les ailes déployées d'un papillon à visage humain. Le tout dans des tons roses fanés des plus inquiétants pour la suite…

La suite justement : 13 chansons sans surprise, mais non sans qualité, qui font la part belle à des compositions pop mélodiques brillantes, ornementées de la voix androgyne d'un Jonathan Donahue au sommet de son art.

Un doute s'installe pourtant au fil des écoutes. Non sur l'intérêt des compositions du groupe, mais sur les choix orchestraux et les parti-pris de production du tandem Donahue - Dave Fridman (ex-bassiste du groupe, toujours prêt à venir prêter main-forte à ses anciens complices, comme ce fut déjà le cas sur les deux précédents albums de Mercury Rev). Avec le temps, il semble en effet que ce dernier cède plus facilement à son penchant naturel pour le rock grandiloquent et pompier, les envolées de cordes hollywoodiennes et les expérimentation psychédéliques auxquelles se mêlent cloches cristallines et piano mélancolique. À tel point qu'un titre comme Vermillion, premier single extrait de The secret migration, en arrive à sonner comme un dangereux hommage à Supertramp !

Pourtant, l'honnêteté oblige à reconnaître que l'ensemble est plus émouvant que repoussant et devrait donner sa pleine mesure sur scène (le 24 mars, à Paris pour un concert à l’Elysée Montmartre - Les dates en province sont prévues en mai), débarrassé des pyramides de crème Chantilly et des tonnes de sucre Candy inutiles, largement imputables aux interminables expérimentations (10 mois) d'un groupe qui possède son propre studio et ne connaît donc plus l'efficacité de la création dans l'urgence.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Février 2005
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